Vie chère : Monseigneur Jean-Marie Compaoré s'en lave les mains !

Il avait pourtant pris la précaution de suggérer que les journalistes ne participent pas à la rencontre. Il n'a pas dit les choses ouvertement, mais en s'enquérant de la composition de la délégation, il insinuait que ce serait peut-être moins embêtant pour le gouvernement que les journalistes n'assistassent à la concertation.
Philipe Sawadogo, le ministre porte-parole du gouvernement dans son zèle légendaire, et mal lui en a pris, aurait été celui-là qui a insisté pour que la presse fût témoin. Ce que, en bon joueur, Monseigneur accepta, en ajoutant même, suprême sollicitude, que le peuple avait le droit de savoir ce qui se disait.
La délégation ministérielle, composée essentiellement de chrétiens, n'avait pas imaginé entendre de tels propos corsés de la bouche des premiers responsables de l'Eglise catholique. L'archevêque de Ouagadougou n'a pas porté de soutane à sa bouche pour dire à la délégation gouvernementale qu'en vérité, cette mission d'explication arrivait un peu trop tard. Les syndicats, quand ils marchaient à user leurs souliers, auraient dû être écoutés. Le gouvernement les a traités avec mépris. Le prélat explique que les Burkinabè n'en peuvent plus. Ils sont pris à la gorge. Ce fut donc une soirée de douche froide pour Philip et Compagnie.
L'Eglise catholique burkinabè, même si la sortie de Monseigneur Compaoré pendant la présidentielle dernière avait semé le trouble dans l'esprit de plus d'un1, reste constante dans la défense des plus faibles et des causes justes. A chaque fois qu'il y a eu un tournant dans l'histoire de notre pays, l'Eglise catholique a su faire des analyses justes et parfois mêmes acerbes. De ce point de vue, on peut considérer que la réaction du clergé catholique, à propos de la vie chère, ne dénote pas.
Avec l'imprudence du cardinal Zoungrana après le coup d'Etat des colonels en 1978 et l'acharnement des révolutionnaires qui s'en est suivi, l'Eglise catholique s'est volontairement mise en retrait. Mais elle n'a jamais cessé de donner son point de vue quand c'est nécessaire. C'est pourquoi les lettres pastorales qui sanctionnent la rencontre des évêques sont de précieux documents pour qui veut suivre et comprendre l'état réel de la gouvernance au Burkina Faso.
Accessoirement aussi avec cette sortie, Monseigneur Compaoré équilibre en quelque sorte les avis le concernant.

1 Il avait dit dans une interview à Sidwaya, après avoir pris le soin de dire qu'il s'exprimait à titre personnel, que Blaise Compaoré était le meilleur candidat à ces présidentielles.



23/03/2008
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