Le procureur relaxe des " kidnappeurs de mineures

Enlèvements de mineures à l'Est : Le procureur relaxe des " kidnappeurs " Une fillette de 12 ans enlevée sur la route de l'école à Matiakouali, séquestrée et violée. Les parents portent plainte. Le procureur ordonne aux ravisseurs de repartir avec la victime. Un tollé à Fada.

Une affaire d'enlèvement d'une fillette de 12 ans défraie la chronique à Fada. O.L a été enlevée à un mois des examens scolaires, l'an passé, sur la route de l'école, séquestrée et violée par un certain K. A . Suite à la plainte des parents contre les "ravisseurs", le procureur a convoqué les deux parties, les a entendu et a ordonné que les ravisseurs repartent avec leur " butin ". Un scandale qui a irrité les acteurs locaux de la lutte pour la protection des droits de l'enfant et particulièrement pour la scolarisation des jeunes filles. La victime est une élève de l'école de Oubrinou dans la commune rurale de Matiakouali, située à 105km de Fada. Ce sont les camarades de O. L qui ont ramené ses affaires à ses parents après son enlèvement. Après plusieurs démarches vaines auprès des ravisseurs pour récupérer leur enfant, les parents prennent la résolution de saisir la police de Matiakouali. Celle-ci ne réagit pas à la plainte. L'action sociale de la commune est également touchée. Rien ne fut fait.
L'intervention du chef de la circonscription de l'enseignement de base n'a pu apporter la solution. L'inspecteur de l'enseignement de base dresse un rapport qu'il transmet à ses supérieurs hiérarchiques. Des conclusions du certificat médical établi par l'infirmier, il ressort que la pauvre fillette a bel et bien été violée. Suite aux différents conseils, les parents de O.L portent une nouvelle plainte contre les ravisseurs à la justice de Fada. Malheureusement contre toute attente, lors des vacances judicaires en août dernier, le substitut du procureur qui a reçu les deux parties ne fait rien contre les ravisseurs mais leur ordonne de repartir avec la fillette. Le substitut prend le soin d'expliquer qu'il a reçu des instructions dans ce sens de la part du procureur parti en congé. Une décision qui a provoqué un tollé dans la région. De retour de ses congés, le procureur tente de s'expliquer. La fille aurait refusé de rejoindre ses parents. Les réactions des acteurs de la lutte pour le respect des droits de l'enfant ne tardent pas. La victime est une mineure et ne peut décider de son sort. Les témoins ont vu le père de la fillette pleurer ce jour là, après la décision de la justice. Surtout en regardant sa fillette suivre péniblement ses ravisseurs. La petite avait des difficultés pour marcher. Le procureur n'imaginait pas que l'affaire pouvait prendre une telle ampleur dans la région. Les services de promotion des droits de la jeunesse sont furieux. "La région enregistre l'un des taux d'éducation les plus faibles surtout pour les filles. Nous luttons chaque jour pour améliorer ce taux. Des décisions de ce genre ne peuvent que saper notre lutte" Explique un acteur. Les enlèvements sont monnaies courantes à l'Est, selon les acteurs locaux. L'affaire O L a eu un effet négatif sur d'autres cas d'enlèvement dans la région. Il y a trois cas d'enlèvement d'élèves filles présentement dans la seule commune de Matiakouali, selon des sources proches des services de l'éducation. On explique qu'un monsieur qui avait aussi enlevé une fille dans une école avait eu peur suite à la plainte des parents de O.L et avait laissé l'enfant rejoindre ses parents. Après l'ordonnance du procureur, l'homme est reparti reprendre la fille en pleurs dans la cour de l'école pendant la récréation sous les yeux de ses camarades. Nous avons approché le procureur pour comprendre les motifs de sa décision mais ce dernier s'est drapé derrière le secret de l'instruction et explique qu'il ne peut pas se prononcer sur la question étant donné que l'affaire est en instruction. Les parents de la fille, avec le soutien de certains proches, n'entendent pas en rester là. Ils ont pris un avocat pour exiger que le droit soit appliqué. K. A serait un jeune qui dispose de moyens et bénéficie du soutien entier de son père. Ils auraient vendu 6 bœufs pour gérer l'affaire. Selon des sources proches du dossier, l'action sociale de Matiakouali et la police aurait volontairement joué le jeu de K.A. L'affaire est prise au sérieux par les autorités. Les ministres de l'enseignement de base, de l'action sociale et celui des droits humains auraient été informés de cette scandaleuse affaire. Les autorités locales tiennent à ce que cette affaire soit bien traitée pour que cela ne constitue pas un mauvais précédent dans la dure lutte contre les enlèvements dans cette région. L'enlèvement, la séquestration et le viol sont punis par la loi. L'article 398 du code pénal dispose "Est puni d'un emprisonnement de 5 à 10 ans quiconque par violences, menaces ou fraudes enlève ou fait enlever un mineur ou l'entraîne, le détourne ou le déplace ou le fait déplacer ou le fait entraîner, détourner ou déplacer des lieux ou il est mis par ceux à l'autorité ou à la direction desquels il était soumis ou confié". Le viol est puni d'un emprisonnement de 10 à 20 ans si cela a été commis sur une mineure de moins de 15 ans. Article 417 du même code. MZ



19/12/2009
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