L'avenir du journalisme au Burkina Faso : Projection à partir de l'affaire Norbert Zongo

Projection à partir de l'affaire Norbert Zongo
La Société de développement des médias en Afrique (SODEMA), section du Burkina Faso, a organisé un panel autour de l'avenir du journalisme au Pays des hommes intègres. La manifestation qui a eu lieu dans l'après-midi du mardi 3 octobre 2006 au Centre culturel américain, a porté sur trois thèmes à savoir : « Le non-lieu dans l'affaire Norbert Zongo, quelles perspectives ? » ; « Le journaliste burkinabè a-t-il droit à la justice ? » ; « Comment unir les journalistes burkinabè pour une solidarité de corps et d'esprit ? ». Lesdits thèmes ont été respectivement développés par Me Bénéwendé Sankara, avocat ; Shérif Sy, directeur de publication de Bendré ; Newton Ahmed Barry, journaliste à L'Evènement.

En organisant le panel autour de l'affaire Norbert Zongo, la SODEMA-BF, selon Ramata Soré, sa secrétaire générale, n'a aucunement la prétention de jouer les devins en esquissant la charpente du devenir des hommes de médias. Le choix de la problématique est à son avis une initiative destinée à marquer le nécessaire arrêt pour évaluer l'impact du non-lieu dans l'affaire Norbert Zongo sur le fonctionnement du journalisme sous nos tropiques.

La thématique doit être perçue comme une invite à une participation active aux débats, à une prise de conscience et de responsabilité de tout un chacun pour un meilleur devenir de l'humain au Burkina Faso. Pour Ramata Soré, dans l'affaire Norbert Zongo, tout a été dit, tout a été écrit, mais tout reste à voir. C'est-à-dire la vérité.

Il est inadmissible de croire, selon elle, que l'affaire puisse s'arrêter à un non-lieu prononcé un certain 18 juillet 2006, et confirmé un certain 16 août de la même année. Dans cette situation, s'interroge-t-elle, que faut-il faire ? Que peut faire le journaliste burkinabè pour un aboutissement positif de l'affaire ?

Favoriser une survie de la profession

Me Sankara dans son exposé a fait un rappel de l'affaire Norbert Zongo, en s'appuyant sur les conclusions de la Commission d'enquête indépendante (CEI). Il a donné son appréciation de la situation en évoquant la question de la procédure ; des voies de recours judiciaires d'un point de vue interne et international ; de même que les voies de recours extrajudiciaires.

Pour l'avocat Sankara, huit ans après l'assassinat du directeur de l'Indépendant, le constat est qu'au-delà des nombreux acquis du Collectif des organisations démocratiques de masses et de partis politiques (CODM/PP), un juge vient de banaliser l'affaire Norbert Zongo en décidant d'un non-lieu total. Quelles peuvent alors être les conséquences d'une telle décision ? Me Sankara avoue ne pas savoir. Ce qu'il sait par contre, c'est que l'injustice engendre la légitime révolte, assimilable à une légitime défense et quelle que soit l'usure du temps, la vérité finit toujours par triompher.

S'unir pour que justice soit rendue aux suppliciés

Shérif Sy qui a développé le deuxième thème de la soirée a trouvé sa formulation inappropriée et même malheureuse, parce que le journaliste est un citoyen à part entière et comme tel, a droit à la justice. Dans l'affaire Norbert Zongo, selon le conférencier, des journalistes ont osé vouer aux gémonies d'autres acteurs de la profession, chose déplorable. Norbert Zongo mérite qu'on lui rende justice pour que demain d'autres de ses confrères ne subissent pas le même sort que lui et ses compagnons d'infortune.

C'est pourquoi, il suggère la création d'une coalition de journalistes ; la construction d'une stèle par les hommes de médias, à la mémoire du journaliste tué et que le 13 décembre, comme l'année dernière, une page blanche soit laissée dans les journaux et qu'une minute de silence soit observée dans les radios et les télévisions. La publication d'un éditorial commun est aussi une proposition qu'il formule pour saluer la mémoire de Norbert Zongo.

Pour le dernier thème, Newton Ahmed Barry qui l'a animé trouve que le journalisme est un domaine où il est pratiquement difficile de parvenir à une unité d'esprit. La divergence d'intérêts des patrons de presse et la différence d'obédience des journalistes eux-mêmes ne facilitent pas les choses. Pour lui, l'assassinat de notre confrère dépasse le cadre de la profession et c'est pour cela que les journalistes se doivent d'être solidaires parce qu'un des leurs a été trucidé dans l'exercice de sa fonction. L'avenir du journalisme au Burkina Faso est donc projeté à partir de l'assassinat de Norbert Zongo et c'est pourquoi les choses doivent bouger.

D. Evariste Ouédraogo

http://www.lobservateur.bf/article.php3?id_article=5253?&sq=Oarticle


10/02/2007
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