Dadis Camara folie à vitesse vertigineuse !

 Le pouvoir rend fou à ceux qui l'exercent. C'est connu. Mais le cas du capitaine Dadis Camara n'a pas son pareil. Celui qui est arrivé comme un "révolutionnaire progressiste" est devenu en moins d'une année d'exercice du pouvoir, complètement fou à lier. Si par extraordinaire il devait se maintenir par les voies de fait, il faut craindre pour les Guinéens. C'est en tout cas une tragi comédie qui se joue à Conakry. Après la mort du général et l'irruption des militaires, les Guinéens pensaient avoir échappé à la ploutocratie contéenne. L'espoir n'a duré que le temps des funérailles. Ils ont échangé un fou contre un laxiste irresponsable. Décidément cette Guinée n'est pas gâtée par le sort. A chaque fois qu'elle pense voir le bout du tunnel, c'est une chute dans les abîmes.

En très peu de temps, les Guinéens sont passés de l'espoir à la désillusion. Le processus de restauration de la démocratie est entrain de tourner à l'instauration d'un pouvoir qui n'a pas de nom. Dadis passe tout son temps à parler. Il se parle tellement qu'il ne souvient pas de ce qu'il a dit l'instant d'avant. Alors, il ne faut pas lui demander de se rappeler les promesses tenues il y a neuf mois.

Le capitaine, qui vouait aux gémonies l'ancienne classe dirigeante accusée d'avoir conduit le pays en faillite en trompant le vieux général Conté, veut en faire maintenant un allié pour se maintenir au pouvoir. Les barons du régime Conté se sont empressés de déclarer leur soutien au droit de Dadis à se présenter à l'élection présidentielle. Ces mêmes barons sont ceux-là qui avaient très vite su prendre en main le général Conté et ont dévoyé son régime. Ce sont les mêmes qui préparent aujourd'hui leur retour au pouvoir en coachant Dadis.

La question reste tout de même celle là : Comment Dadis a-t-il pu mal tourné aussi vite ? Peut-être les événements de la sous région avec les contradictions de la communauté internationale en Mauritanie. Quand Dadis arrive au pouvoir, son homologue mauritanien est empêtré dans les problèmes à cause d'une communauté internationale intransigeante. Et puis l'entêtement du général Abdel Aziz a fini par payer. La communauté internationale qui l'acculait a fini par l'accepter et entériner son coup d'Etat électoral.
La France s'est montré très accommodante avec le Mauritanien et est devenue même son principal tuteur.

Lorsque la communauté internationale a fini par avaliser la situation de fait en Mauritanie, le capitaine Camara a commencé à être incohérent par rapport à son départ du pouvoir. Celui qui avait jusque là proclamé qu'il n'était pas intéressé par le pouvoir et les biens matériels a commencé à s'emporter contre la classe politique qui ne le reconnaîtrait pas et qui lui manquerait de respect. Il a alors progressivement menacé de se dévêtir de sa tenue militaire, pour entrer dans l'arène politique. Puis a fini par jeter le masque en déclarant sa volonté d'être candidat à la présidentielle de 2010.

Que peut la communauté internationale contre cette candidature ? Presque rien. Puisque Dadis est incontrôlable.

Dadis Camara folie à vitesse vertigineuse !

Il est pire que son prédécesseur qui n'avait pas craint d'insulter la secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albrigth à l'aéroport de Conakry.

Dadis est inaccessible à toute pression puisqu'il ne sort pratiquement pas de chez lui. Depuis neuf mois qu'il est au pouvoir, il n'est jamais sorti de chez lui. Les voyages qu'il a programmés ont été tous déprogrammés à la dernière minute pour des motifs divers. Un tel personnage est donc insensible aux menaces.

Alors comment sauver la Guinée de Dadis? La communauté internationale est désarmée. La France qui montre actuellement un semblant de fermeté finira par céder et se contentera d'un arrangement démocratique. Dadis pourrait bien imiter Abdel Aziz, même si les cas ne sont pas semblables.

L'Union africaine qui a été discréditée en Mauritanie et au Niger ne se donne même plus la peine de donner de la voix. La commission de sécurité et paix de l'Union a récemment menacé Dadis de sanctions. Mais quelles sanctions contre un type comme Dadis ? On est obligé de constater que la décennie 2010 qui s'annonce sera incontestablement celle du reflux de la démocratie sur le continent. Il faut s'y préparer hélas. Newton Ahmed Barry



03/10/2009
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