Blaise Compaoré et le cercle anti- impérialisme de l'armée

Dans les années 1970, un groupe de jeunes officiers venant des écoles militaires et ayant suivi leurs formations de base au Prytanie militaire de Kadiogo (PMK) décident de créer un cercle de réflexion. Ils réfléchissent aux conditions difficiles des troupes et à la misère endémique du peuple voltaïque. Le groupe s'organise autour de Thomas Sankara. Cette prise de conscience n'est pas le fait du hasard. Au PMK, un enseignant d'Histoire-Géographie, un certain Adama Touré dit Lénine y est pour beaucoup. Cet enseignant pas comme les autres, à travers ses cours, indiquait les moyens à mettre en œuvre pour l'émancipation de la Haute-Volta. Ces élèves pétris de ces idées révolutionnaires se retrouvent après le PMK pour continuer l'enseignement du maître et réfléchir sur la façon de l'implémenter.
Le cercle de réflexion se transforme par la suite en une organisation clandestine anti- impérialiste. Des réunions sont tenues dans la clandestinité, des noms de codes sont donnés aux animateurs et le leader naturel est bien Thomas Sankara. En 1978, celui-ci se rend au Maroc pour un stage et fait la connaissance de Blaise Compaoré. Ils se lient d'amitié et deviennent des confidents. Quand ils rentrent au pays, Thomas Sankara présente son ami au groupe. Il assure qu'il répond de lui et vice-versa. Blaise n'ayant pas fait le PMK s'est retrouvé dans ce cercle comme un intrus. Dans les cercles anti- impérialistes, il y avait un cheminement imposé aux adhérents, mais grâce au futur président du CNR, Blaise en a été dispensé. Cette marque d'estime que Sankara vouait à Blaise Compaoré transparaît plusieurs années après dans une longue interview qu'il a accordé au journaliste Mohamed Maïga de Afrique Asie, le 25 août 1983 après la prise du pouvoir. Voici ce que Sankara disait à propos de Blaise Compaoré : "Je savais que le siège était levé autour du capitaine Henri Zongo et de ses hommes. Ils étaient donc en vie. Je savais aussi que le commandant Lingani était détenu à Dori. Je n'avais en revanche, aucune nouvelle du capitaine Blaise Compaoré. Les autorités ne parlaient pas de lui, j'étais donc fondé à interpréter ce silence comme un aveu d'assassinat. J'avoue avoir été moralement atteint, d'autant plus qu'au même moment, des civils étaient arrêtés à mon nom. Surtout je ne supportais pas être sans nouvelle du capitaine Blaise".MNZ



28/11/2009
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