Un pan de la vie politique de Philippe Zinda Kaboré

 Désiré Kaboré est le fils de Dominique Yemdaogo Kaboré, ancien élève de William Ponty et ministre du Travail et de la Fonction publique de Haute Volta de 1966 à 1971. Lucie, l'épouse de Dominique, est aussi très bien connue pour avoir été très active dans la société civile burkinabè. Elle a créé la première association des veuves et orphelins du Burkina Faso et a monté un centre du côté du quartier Larlé où des jeunes filles et des femmes s'adonnent à des productions artisanales de premier choix. Avant de tirer sa révérence, elle s'est fait remarquer en criant son indignation suite à l'ignoble assassinat du journaliste Norbert Zongo le 13 décembre 1998. Né en 1920, Philippe Bebzinda Kaboré est mort prématurément à l'âge de 27 ans après avoir lutté vaillamment pour l'accession du Burkina Faso à l'indépendance. Pourtant, peu d'écrits existent sur sa vie. Sa fille unique, Alice Kaboret/Tiendrebeogo, ex-ministre de l'Enseignement de base, puis celui de la Promotion féminine, accueille ce premier ouvrage (dont elle est la préfacière) qui lève un coin de voile sur la vie de son géniteur en ces termes : "J'ai beaucoup souffert de ne pas avoir connu mon père. Et ce manque de connaissance sur lui n'a pas permis aux historiens de lui consacrer une biographie alors qu'il se révèle être le premier héros de la lutte anticoloniale de notre pays." Désiré Kaboré n'a pas la prétention d'écrire une biographie exhaustive de ce héros national, encore moins un livre historique. "Y. Dominique Kaboré, Lettres ouvertes : Phillipe Zinda Kaboré" est une compilation de correspondances entre deux meilleurs amis qui partageaient les mêmes idéaux politiques et des ambitions nobles pour leur patrie. Descendant d'une famille royale, Philipe Zinda n'hésitait pas à pourfendre une certaine pratique de la chefferie: "Chefs mes frères, descendez de vos chevaux et marchez au pas du peuple, car une ère nouvelle est annoncée!", déclarait-il à l'occasion. Les correspondances réunies et analysées par Désiré Kaboré sont édifiantes sur le parcours politique de ce jeune chevalier qui avait dans sa fougue et son désir de sortir son peuple du joug colonial ouvert plusieurs fronts à la fois : féodalité, intellectuels malhonnêtes, colonialisme français. Sa disparition prématurée "le 25 mai 1947 après 45mns de maladie" est du reste interprétée par de nombreux Burkinabè comme une simple élimination de la part de ceux qu'ils dérangeaient. Suivez-mon regard ! Comme Amilcar Cabral du Cap Vert et de la Guinée Bissau, il n'a pas assisté à la proclamation de l'indépendance de son pays.
Photos et documents inédits, les 352 pages de cet ouvrage publié en 2010 se laissent lire d'un trait. L'architecte Désiré Kaboré fait œuvre utile à la postérité et balise le chemin afin qu'étudiants et chercheurs puissent trouver de quoi aller encore plus en profondeur dans la vie et l'œuvre du Grand et Noble Zinda qui a illuminé le ciel politique de la Haute Volta coloniale telle une étoile filante. Entre lettres et télégrammes, lisez entre les mots et vous serrez édifié. A bon entendeur…Bonne lecture. LOK



01/07/2010
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