RSF bouleversée par l’assassinat du vice-président en Somalie

Reporters sans frontières est profondément bouleversée par l’assassinat, le 7 juin 2008, de Nasteh Dahir Farah, vice-président de son organisation partenaire en Somalie, la National Union of Somali Journalists (NUSOJ). Egalement collaborateur de plusieurs médias étrangers, dont la chaîne de télévision britannique BBC, Nasteh Dahir Farah avait été menacé de mort à plusieurs reprises.

"Nous partageons le terrible deuil qui vient de frapper la famille et les confrères de Nasteh Dahir Farah. La liste des morts ne cesse de s’allonger sans que les autorités ne prennent de mesures pour juguler la violence dont les journalistes sont la cible. Cet immobilisme est scandaleux alors que la Somalie est le pays le plus meurtrier d’Afrique pour les professionnels des médias. Huit d’entre eux y ont trouvé la mort l’année dernière", a déclaré l’organisation.

Le 7 juin 2008, un groupe d’individus armés ont tiré plusieurs balles sur Nasteh Dahir Farah alors qu’il rentrait à son domicile à Kismayu (Sud). Le journaliste est décédé dix minutes après avoir été transporté à l’hôpital de la ville. Ses agresseurs n’ont pas été identifiés.

Nasteh Dahir Farah, 36 ans, avait été élu vice-président de la NUSOJ en 2005. "Personne ne protège les journalistes somaliens qui sont devenus des cibles pour tous les groupes armés", a déclaré Omar Faruk Osman, secrétaire général de l’organisation. "Nous ne plierons pas face à ces criminels", a-t-il ajouté.

Six journalistes interpellés, une émission interrompue : Reporters sans frontières dénonce les méthodes des autorités

Reporters sans frontières met en garde les autorités camerounaises contre les risques pour le pays d’une détérioration du climat entre la presse privée et le pouvoir, après que six journalistes ont été interpellés et une émission interrompue pour avoir évoqué une affaire dérangeante pour le chef de l’Etat.

"L’interruption arbitraire d’une émission, alors qu’elle aborde un sujet sensible, est incompréhensible. Des interpellations, fussent-elles brèves, sont des actes d’intimidation. L’utilisation de méthodes coercitives à l’encontre des journalistes ne peut qu’aggraver le climat et radicaliser les positions", a déclaré Reporters sans frontières.

L’organisation rappelle également la nécessité pour les autorités de respecter la loi, si elles attendent des journalistes qu’ils en fassent autant.

Le 8 juin 2008, l’émission hebdomadaire "Canal Presse", diffusée sur la chaîne privée Canal 2 International, a été interrompue à la dix-septième minute, alors que les journalistes abordaient le cas de leurs confrères interpellés dans l’affaire dite de l’"Albatros". L’interruption aurait été imposée au présentateur et aux techniciens par des représentants de l’Etat.

L’émission abordait notamment le cas de Marie Noëlle Guichi et Jean-François Channon du quotidien privé Le Messager. Ces deux journalistes ont été interrogés le 3 juin par la police judiciaire de Yaoundé à propos d’un article publié le 26 mai traitant de l’affaire de "l’Albatros", du nom de l’avion présidentiel. L’appareil, acheté en mauvais état par des proches du Président, a eu un problème technique lorsque Paul Biya l’a utilisé pour la première fois. Les journalistes sont accusés d’avoir "publié le rapport d’une enquête judiciaire non encore jugée". Ils ont été mis en examen et risquent une peine de trois mois à deux ans de prison.

Par ailleurs, quatre journalistes et un politologue ont été interpellés par la police judiciaire de Douala pour avoir participé à un débat sur l’affaire de "l’Albatros", dans l’émission "Carte sur table" du 1er juin diffusée sur la chaîne privée STV. Thierry Ngogang, présentateur et rédacteur en chef de STV et l’ensemble de ses invités, Ananie Rabier Bindzi, directeur de la coopération internationale de Canal 2 International, Alex Gustave Azebazé, journaliste indépendant, Jean Marc Soboth, secrétaire sénéral du Syndicat national des journalistes, et Aboya Endong Manassé, professeur à l’université de Douala, ont été interrogés par la police avant d’être relâchés. RSF



11/06/2008
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