Lutte anticorruption : la Banque mondiale prête le flanc

Mercredi 16 janvier, la Banque mondiale a annoncé la démission de Suzanne Folsom, directrice du département de l'intégrité institutionnelle (INT), l'unité anticorruption de l'institution multilatérale, précisant qu'il ne lui avait pas été demandé de partir, rapporte The Wall Street Journal. "Mais elle a été soumise à un véritable supplice chinois. Mme Folsom […] part après avoir été des années durant mise en cause par le personnel de la Banque, et même par la direction, décidés à miner ses efforts de lutte contre la corruption", s'indigne le quotidien américain, qui passe en revue les divers moyens utilisés pour l'"obliger à partir".

Alors que, selon The Wall Street Journal, une évaluation de l'unité effectuée l'an dernier par l'ancien président de la Réserve fédérale américaine Paul Volcker avait salué le travail de Mme Folsom et de son équipe, et recommandait même avec insistance que l'INT soit "développée et maintenue en tant qu'organisme d'investigation exemplaire", le départ de Mme Folsom et de ses associées laisse le personnel de l'INT "écœuré".

Cette démission intervient notamment après la publication d'un rapport révélant la corruption autour de prêts consentis par la Banque mondiale en Inde. De telles révélations "devraient être importantes pour une 'banque' qui prétend avoir à cœur d'agir dans l'intérêt des pauvres dans le monde et dont le portefeuille de prêts dépasse les 30 milliards de dollars. Mais, plutôt que de mieux contrôler leurs propres projets en recherchant les signes de fraude, les responsables de la Banque n'ont cessé de s'associer aux destinataires des prêts pour étouffer les preuves de corruption et continuer à prêter à des gouvernements scélérats", assène The Wall Street Journal, qui conclut : "M. Zoellick [président de la Banque mondiale] soutient que l'évaluation de l'INT par M. Volcker montre le chemin à suivre […]. Mais M. Zoellick gagnerait en crédibilité s'il n'avait pas laissé ses propres bureaucrates faire exploser l'INT […] et si "le personnel de la Banque [voyait] que les fonctionnaires impliqués dans la débâcle en Inde et dans d'autres affaires de corruption [avaient] à répondre de leurs actes".



23/01/2008
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