Lotissement de Nagrin, le boulet du maire de Boulmiougou

L'affaire des résidents de Nagrin continue de défrayer la chronique. La tension est montée de nouveau le 4 août dernier dans un quartier de l'arrondissement de Boulmiougou suite aux sommations de déguerpissement adressées à un certain nombre de résidents de la zone dite "numéros bleus" que nous allons appeler zone bleue. La mairie déclare que ces habitants se sont installés illégalement sur des parcelles d'autres personnes et doivent par conséquent quitter les lieux. Ils seraient venus après le bornage. La gestion du lotissement dans ce quartier qui devait accueillir les déguerpis de la cité Azimo et ceux de Kossyam pose toujours problème. Les résidents de cette zone bleue exigent qu'on leur attribue les parcelles. Ils réfutent les informations de la mairie selon lesquelles ils se sont installés après le bornage. Plus de 2000 personnes sont concernées par le problème qui dure depuis plusieurs années. Malgré les multiples rencontres avec les autorités municipales, le problème demeure en entier. Les habitants installés dans cette zone se sont regroupés autour d'une association dénommée Namanagd- Zanga depuis 2005 pour résister face à ce qu'ils appellent une "injustice" de la part des autorités municipales. Sur le terrain, la tension entre les membres de Namanagd- Zanga ceux d'autres groupes persistent. Plusieurs cas de violences ont été enregistrés. Entre voisins le climat n'est pas toujours sain. Il n'est pas rare de voir deux familles différentes bâtir sur une même parcelle. C'est en octobre 2004 que la commission d'attribution avait commencé à attribuer les parcelles de la zone bleue. La commission avait terminé avec les parcelles de la zone des numéros rouges considérés par les autorités municipales comme les vrais résidents du quartier. Elle entamait donc la zone bleue pour satisfaire selon les autorités le reste des résidents de la "zone numéros rouges". Refus de l'association. Il faut satisfaire d'abord ceux qui y résident avant de penser aux autres venus d'ailleurs. Ils parviennent à faire suspendre les travaux de la commission. Ne pouvant plus travailler sur le terrain la commission s'est donc repliée dans la première zone et trouve une formule pour continuer les attributions des parcelles sans aller sur le terrain. Les demandeurs qui sont en règle se présentaient individuellement à la commission qui les positionne. Il appartient à l'attributaire de trouver un technicien pour venir lui indiquer discrètement la parcelle. Le plan de la section se vendait comme des petits pains dans la zone. C'est à partir de ce moment selon de nombreux témoignages que certains membres de la commission ont commencé à vendre les parcelles à des gens qui n'ont jamais résidé dans le quartier (lire la caverne d'Ali Baba). Pour le maire de Boulmiougou le combat engagé par l'association n'est pas juste. Séraphine clame haut et fort que les membres de l'association se sont installés dans la zone après le bornage du village. "Les numéros bleus que nous avons mis, c'est pour les différencier des autres qui portent des numéros rouges et qui sont les vrais résidents devant avoir les parcelles. Pour les bleus c'était pour circonscrire. Ce n'est pas un récencement" soutient le maire de Boulmiougou. Selon les membres de l'association, effectivement aucun papier n'a été délivré par les équipes aux résidents lors de ce passage. Ce sont les maisons qui portent des numéros. Le maire de Boulmiougou dit avoir une liste de 69 personnes comme vrais résidents dans cette zone au moment du bornage. Tous les autres seraient venus après. Cette liste a été présentée aux membres de l'association avec la signature des intéressés par la maire lors d'une de leurs rencontres. Cette liste, Namanagd- Zanga ne la reconnaît pas. Personne parmi eux ne sait à quel moment elle a été établie. Dans tous les cas, selon madame le maire il n y a plus de parcelle vide dans la zone. Tout aurait été attribué à des gens qui le méritent. Le problème de Nangrin a même été porté à la connaissance du maire de Ouagadougou qui a reçu les intéressés. Simon Compaoré avait demandé à ce qu'une solution soit trouvée. L'association Namanagd- Zanga a adressé la liste de ses membres demandeurs au maire. C'était une recommandation du maire de Ouagadougou. Séraphine Ouédraogo dit avoir reçu plus de 2000 demandes et c'est une preuve encore selon elle qu'ils ne résidaient pas dans la zone. Un nombre difficile à satisfaire à en croire le maire de Boulmiougou. Pourtant selon de nombreux témoignages, même si certains sont effectivement venus s'installer après le bornage, il est aussi établi que beaucoup d'autres qui étaient là au moment du bornage n'ont pas été pris en compte. Le passage du géomètre lors du bornage est toujours visible sur certains murs dont les propriétaires qui y résident n'ont pas été pris en compte. Une chose est sûre. La situation de Nagrin est devenue un cas social que la mairie doit gérer. On imagine comment on peut déguerpir tout ce monde sans créer des problèmes sociaux. MZ



03/10/2009
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