La santé de Fidel Castro cotée au Nasdaq

Depuis plus de dix ans, un petit fonds d'investissement américain fluctue en fonction de la santé du Líder Máximo. Le 19 février, à l'annonce de la retraite définitive de Castro, il a gagné pas moins de 17 points !

Le 19 février, le jour de l'annonce du retrait définitif de Fidel Castro de la vie publique cubaine, un petit fonds d'investissement était à la fête. Ce jour-là, l'action du Herzfeld Caribbean Basin Fund, qui s'échange au Nasdaq sous le sigle CUBA, a clos à 8,70 dollars, affichant une hausse de 1,26 dollar, c'est-à-dire pas moins de 17 points. "C'est mon anniversaire, et Castro me fait un cadeau", ironise Thomas J. Herzfeld, le conseiller en investissement qui a créé ce fonds à capital fixe en 1993 en prévision du jour où un changement politique ouvrirait Cuba aux investisseurs étrangers.

Bien qu'un changement radical de l'orientation économique à Cuba reste improbable à brève échéance, les investisseurs n'en continuent pas moins de chercher des moyens - tels le fonds de Herzfeld - de miser sur l'avenir économique de l'île en pensant à l'après-Fidel. Ce fonds, fort d'environ 30 millions de dollars [20,3 millions d'euros] d'actifs, a depuis sa création déjà investi dans des entreprises solides implantées dans les Caraïbes, comme la Carnival Corp. ou encore la Royal Caribbean Cruises : des entreprises déjà solides et rentables, mais qui, avec le temps, devraient bénéficier d'une ouverture commerciale avec Cuba. Dès le 19 janvier, Robin Farleu, analyste d'UBS, laissait ainsi entendre qu'une éventuelle ouverture de Cuba au tourisme américain pourrait, par exemple, offrir "d'excellentes perspectives aux opérateurs de croisières".

Alors que la fin de vie du Líder Máximo approche, Herzfeld a entrepris de diversifier ses placements dans des titres qui, s'ils ne sont pas aujourd'hui des plus prometteurs, ont de fortes chances de bénéficier d'une ouverture à Cuba. C'est, par exemple, le cas de Fuego Entertainment, une société de Miami Lakes qui édite et commercialise de la musique et autres produits de l'industrie des loisirs. Herzfeld est par ailleurs en pourparlers avec des entreprises du sud de la Floride qui pourraient investir rapidement à Cuba, par le biais de joint-ventures, dès que l'île sera "libre".

Début 2007, quelques mois après l'annonce de la maladie de Castro, le fonds valait en Bourse près du double de sa valeur nette d'actifs, explique Thomas J. Herzfeld. Mais, à mesure que les mois passaient et que le leader cubain se maintenait en vie, les actions du Herzfeld Caribbean Basin Fund plongeaient, malgré des investissements rentables. "Lorsque Castro a commencé à apparaître à la télévision en compagnie d'Hugo Chávez, les gens ont compris qu'il était loin d'être mort. Du coup, le cours de nos actions a chuté", explique Herzfeld. Mais, depuis le 19 février, c'est au contraire l'embellie.

Martha Brannigan
El Nuevo Herald

 



21/02/2008
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