L'armée malgache tentée par un coup de force ?

Réunis une seconde fois à Maputo pour tenter de mettre un terme à la crise, les dirigeants politiques malgaches ont buté sur la question de la direction de la transition. Parallèlement, à Antananarivo, l'armée montre des signes inquiétants de nervosité.

"Les prolongations des négociations à Maputo n'ont rien donné. Les quatre chefs des différents mouvements ne sont pas arrivés à se mettre d'accord sur la nomination du président de la transition et de celle du Premier ministre", constate L'Express de Madagascar. Réunis en sommet dans la capitale mozambicaine, du 25 au 27 août, sous la médiation de l'ex-président Joaquim Chissano, les anciens présidents malgaches Didier Ratsiraka, Albert Zafy, Marc Ravalomanana et l'actuel président de la Haute Autorité de transition (HAT) Andry Rajoelina devaient désigner les personnes chargées des institutions de transition. Pas moins de 457 postes sont à pourvoir, conformément aux accords de Maputo du 9 août signés par les quatre dirigeants malgaches. "Qui a intérêt à rentrer bredouille de Maputo ?" s'interroge le journal Les Nouvelles dans son éditorial. "Rajoelina qui a maintenant une occasion inouïe d'obtenir sa reconnaissance à l'échelle mondiale ou Ratsiraka qui après tant d'années d'exil a une chance de rentrer par la grande porte et signer son retour en politique ? C'est aussi le cas de Ravalomanana, qui profitera de l'opportunité pour redorer son blason. Quant à Zafy, il n'a rien à perdre et tout à gagner."

Mais "pendant que les politiques peinent à s'entendre à Maputo, des bruits de bottes de plus en plus inquiétants se font entendre du côté des casernes", s'inquiète Madagascar-Tribune.com. "Les chefs actuels de l'armée malgache avaient déjà averti à plusieurs reprises qu'ils prendraient des dispositions si les décisions prises dans la capitale mozambicaine ne respectaient pas la volonté populaire. Dans un premier temps, on avait pensé à de simples rodomontades pour protéger la HAT et faire pression sur les négociations. Mais la tenue d'une réunion des forces armées, le 27 août à Antananarivo, ouvre la porte à de nombreux questionnements". Midi Madagasikara va plus loin et annonce en une que "l'instauration d'un directoire militaire a été évitée in extremis". En effet, une réunion s'est tenue au CAPSAT Soanierana [d'où était partie la mutinerie du 8 mars 2009]. De source concordante, des officiers et des sous-officiers au sein de l'armée malagasy et de la gendarmerie nationale y ont assisté. Quelque 800 inscriptions ont été enregistrées à cette réunion dirigée entre autres par le directeur de la planification au sein du ministère des Forces armées. Cette source ajoute que "les forces armées ont prévu de prendre le pouvoir en constatant la tournure des négociations qui se déroulent actuellement dans la capitale mozambicaine". Plusieurs réunions de ce genre se sont succédé ces derniers temps. Et, selon cette même source, "il a fallu l'intervention de certains hauts dirigeants au sein des forces armées pour empêcher la réalisation de cette décision". Courrier International



30/08/2009
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