Air Burkina : une fausse expertise d'aéronef

En octobre 2007, Air Burkina décide de dédouaner un de ses avions. Notamment le MD 87. Contrairement à la fois précédente quand il avait fallu dédouaner le Fokker, on fit appelle à un obscur expert du CCVA. Une expertise au bas des pâquerettes doublée d'un faux et d'une escroquerie qui a permis de lester le budget de l'Etat de centaine de millions de francs cfa.
C'est une affaire qui contribue à jeter le voile sur les affaires de Air Burkina. Une compagnie comme Air Burkina ne peut pas être prise dans une affaire aussi cocasse. La compagnie, même privatisée, a quand même une histoire. Elle a possédé par le passé un avion, un Fokker sur lequel d'ailleurs l'expertise burkinabè n'était plus discutée. Cet avion a été vendu avec un important lot de pièces détachées pour, disent les techniciens, une bouchée de pain.
Pour ce Fokker justement, il semble que c'est la société Air Claims qui avait été sollicitée pour l'expertise. L'avion avant la privatisation était estimé à un milliard 200 millions. Pourquoi cette fois quand il s'est agi de dédouaner le MD 87 acquis sous l'ère Aghan Khan, on n'a pas suivi les mêmes procédés ?
Pour le directeur général, Mohamed Ghelala, quand il a voulu dédouaner l'avion, il s'est adressé à la direction de l'aviation civile qui lui indiqué un expert à CCVA Bobo-Dioulasso. Cet expert est venu et la compagnie a mis à sa disposition tous les documents pour faire son travail. Il a fini son travail et il a donné une valeur à l'avion.
Quand on pose la question au DG de savoir si l'expert a agi sous le couvert du CCVA ou en expert indépendant, il répond que "c'est le couvert du CCVA". Pourquoi alors la facture est établie au nom du CCVA et le chèque est émis au nom d'un individu ? Réponse du DG : "On m'a dit de faire comme ça et je l'ai fait. Ce n'est pas la première fois que cela arrive. A Air Burkina, nous sommes transparent"
Pour cette fois évidemment, la transparence repassera. Car dans toute la procédure, les règles ont été ignorées.
Voici un avion, le MD 87, que le groupe Aghan Khan, par l'intermédiaire de sa filiale FINAIRCRAFT, a acheté à la compagnie Iberia et qu'il décide de donner à Air Burkina. La filiale qui a acheté l'avion l'estime à environ 5 millions de dollars. Cette somme se décompose comme suit : achat 2,75 millions de dollars, aménagement de la cabine et révision 2,15 millions de dollars. Ce qui donne un coût total de 4,9 millions de dollars soit en CFA pour un dollars à 500 f cfa, la coquette somme de deux milliards quatre cent cinquante millions de francs cfa (2 450 000 000 F CFA).
L'expert burkinabè, au terme de son expertise, évalue cet avion à environ 300 millions de francs cfa soit six fois moins que la valeur déclarée par celui qui a acquis l'aéronef.
Cette sous évaluation a permis à Air Burkina/Agha Khan de payer beaucoup moins la douane. L'expert, lui, a encaissé pour ses honoraires environ 10 millions (une broutille après tout) si on y ajoute le chèque qui devrait normalement revenir à CCVA.
Ce dossier a intéressé l'Inspection d'Etat qui a fait un tour dans les locaux de Air Burkina. Mais monsieur Ghelala ne s'en préoccupe pas, puisque les choses ont été faites dans les règles de l'art. Pour l'instant, c'est le faux expert qui paie.
A cette affaire d'avion s'ajoute cette autre procédure du groupe qui mériterait certainement beaucoup plus d'investigations. Le fait pour une filiale du groupe de sous louer à une autre filiale des appareils. Par exemple, FINAIRCRAFT, une filiale du groupe Agha Khan, achète des avions qu'il loue à Air Burkina. Peut-être y a-t-il là rien d'illégale. Sauf que pour Air Burkina, à terme, il y a danger. Même si demain Air Burkina devait être insolvable, le groupe Agha Khan, lui, n'aura pas totalement perdu.

NAB



16/09/2008
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