Newton Ahmed Barry et les remue-méninges des éboueurs de la déontologie et de la confraternité

                      

               Les remue-méninges des éboueurs de la presse

                                                                

 

On a bien compris que dans l'affaire de Lomé où Newton Ahmed Barry l'a échappé bel, il y en a qui sont visiblement amers que le commando commis au sale boulot ait pour l'essentiel échoué. Notre rédacteur en chef ne pensait pas si bien dire quand il a parlé dans son récit « d'éléments pré positionnés » à Ouaga apparemment affectés à une mission de désinformation. Il est à présent clair qu'il ne s'agissait pas d'une simple méprise de la part du quotidien d'Etat Sidwaya, comme certains ont pu le croire à la lecture de l'écrit paru le 22 août, dans sa rubrique « on murmure ». Au contraire, notre confrère s'est consciemment engagé dans une opération de désinformation si ce n'est de déstabilisation de notre organe.  Nous avions eu la naïveté de croire que la différence de ligne éditoriale ne s'opposait pas à la confraternité, pourvu que l'éthique professionnelle soit sauve. La confraternité est en effet un principe applicable, surtout à des moments difficiles comme il peut en arriver à tout le monde.  C'est dans cet esprit que dès la sortie de l'écrit médisant, nous avions pris contact avec la direction de Sidwaya pour nous étonner de ce qu'on ait autorisé un écrit aussi ouvertement diffamatoire, à l'encontre d'un confrère, sans prendre la peine de s'informer auprès de sa direction. Ce n'est quand même pas une information banale que de soutenir qu'un journaliste burkinabè que l'on dit être une grande plume de la place, a tenté de fuir avec une voiture appartenant à un Béninois, parce qu'il voulait se soustraire au règlement de la note. A priori, voilà un acte pour le moins étonnant, de la part d'une personne qui n'a pas une réputation de malfrat. Et c'est en toute logique que nous espérions un peu de prudence de la part des confrères de Sidwaya dans le traitement de cette information! Mais c'est apparemment trop, que d'attendre d'eux de telles civilités. Dont acte !

 

Qu'il nous soit au moins permis de relever la mauvaise foi manifeste qui transpire dans un autre écrit daté du 20 septembre où, faisant suite au récit de Newton Ahmed Barry sur sa mésaventure de Lomé, les plumitifs de Sidwaya ont cru devoir y revenir pour afficher ce titre provocateur : « Sidwaya-Newton Ahmed Barry : même vision dans la narration des faits »  L'auteur de l'article dit en effet être resté sur sa faim, parce que « dans le fond et sur les faits, l'histoire est la même », avec l'air de vouloir balayer de la main le récit servi par notre rédacteur en chef !  Il faut croire que nos inquisiteurs, en véritables ogres tourmentés par leur faim, ne pouvaient pas se contenter de simples faits. Ils auraient certainement préféré qu'on leur serve des hallucinogènes à la hauteur de leurs fantasmes. Malheureusement, le récit de Newton, décliné dans un tout autre registre, résonnait comme un réquisitoire accablant dans les oreilles de gens qui ont perdu l'habitude de se nourrir à la source de l'étique professionnelle.  Il faut en effet s'en être totalement éloigné, pour ne pas voir la différence fondamentale entre les deux récits. Une vision, c'est bien évidemment plus que des faits, c'est plutôt une façon de lire les faits. Que Newton Ahmed Barry ait été arrêté et écroué à Lomé ne saurait être une vision. Qu'une voiture soit au centre de l'affaire ne change  rien non plus au tableau. Mais quand Sidwaya soutient sans rire que Newton Ahmed Barry  a tenté de s'enfuir de Cotonou avec une voiture appartenant à un confrère béninois, là c'est une vision. La différence essentielle tient au sens qui a été ajouté aux faits et qui fonde la substance du message que l'on veut faire passer. On a compris que pour Sidwaya, Newton Ahmed Barry, cette « grande plume » de la presse burkinabè, n'est en réalité qu'un vulgaire délinquant. Et là, Sidwaya fait grossièrement de la provocation quand il prétend que son affirmation calomnieuse a été confirmée par le récit de la victime. Newton n'a jamais été à Cotonou et n'a en aucun moment tenté de s'enfuir avec une voiture. Et comme il l'a indiqué lui-même, il s'est au contraire comporté d'une manière qui n'a jamais démenti l'amitié qui le liait au journaliste togolais. Mais alors pourquoi ses déboires ? « Comment un vrai ami peut-il changer brusquement de comportement » s'interroge Sidwaya ? Voilà une question, une vraie, qui devrait préoccuper nos confrères du quotidien national. A moins que la réponse à cette pertinente interrogation ne les amène à la conclusion que tout cela n'est que mensonge d'un journaliste aux abois ! Quand l'intention est de nuire, il n'y a pas de vérité qui puisse lui faire obstacle.

 

Mais il y a de la limite à la calomnie. La profession doit pouvoir fonctionner à partir d'un  minimum de règles éthiques. A l'Evénement, nous nous sommes toujours gardé de nourrir des cabales  gratuites à l'endroit de nos confrères. Nous ne demandons à personne d'épouser nos idées, mais nous n'acceptons pas que des gens qui sont payés par l'argent des contribuables que nous sommes, transforment ce bien public en tribune d'officines politiques. Nous ne voyons pas ce que nous avons fait pour mériter cela. Si un journaliste burkinabè ne peut espérer de la solidarité de la part de ses confrères, au moins qu'on ne lui colle pas des histoires de sorcières sur le dos. Nous voulons simplement rappeler quelques principes de base qui doivent servir de balises à des relations civilisées dans la famille de la presse. Nous n'aurions pas eu besoin de ce rappel, si chacun avait le souci de nettoyer ses écuries ! C'est cela qui mérite d'être inscrit à l'ordre du jour, bien plus que les grotesques simagrées de plumitifs hypocrites, regroupés dans un soi-disant comité de soutien à l'Evénement. 

 

Germain B. Nama



26/09/2007
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