Le Tribunal donne raison à Newton Ahmed Barry

Procès pour diffamation

Le Tribunal donne raison à Newton Ahmed Barry

Le Tribunal de grande instance en matière correctionnelle à condamner en ce 26 novembre 2007 le codirecteur général de Sidwaya Jean-paul Konseibo pour diffamation. Il écope de deux mois de prison avec sursis. Le Tribunal a condamné Sidwaya, le quotidien d’Etat à la publication en cinq parutions, du verdict dans L’Observateur Paalga, Le Pays, Sidwaya, L’Indépendant et sur lefaso.net. Le Tribunal a également condamné Jean Paul Konseibo aux entiers dépens et a rejeté la constitution de partie civile de Newton Ahmed Barry.

«Je ne tire aucune fierté de ce verdict. Ce qui était important, c’est moins la condamnation que le débat contradictoire. La page est tournée » a affirmé Newton Ahmed Barry. Quant à Jean Paul Konseibo, il ne sait pas s’il fera appel.  Il attend de «consulter son directeur de publication et ses conseils».

 

Cette décision de justice est tombée après un débat contradictoire entre Newton Ahmed Barry et Jean-Paul Konseibo. Le plaignant ; Newton s’est dit offensé et sali par les écrits parus dans Sidwaya notamment celui du 22 août 2007 affirmant qu’il se serait rendu au Bénin, a acheté une voiture et a tenté de fuir par le Togo sans régler la note...

Une première fois, le dossier avait été appelé, le 12 novembre dernier, mais renvoyé au 26 novembre à la demande des avocats de la défense, leur client étant absent parce que en stage à Bobo-dioulasso.

 

Au cours de ce procès du 26 novembre, les avocats de Sidwaya ont soulevé trois exceptions : l’irrecevabilité de la plainte pour défaut de paiement d’une consignation par la partie civile, le fait que l’assignation ne convoque pas expressément l’Etat. La troisième exception soulevée est la déchéance de Newton Ahmed Barry pour diffamation. Selon eux ; ce dernier n’a pas respecté l’article 131 du Code de l’information. Cet article  stipule que le plaignant doit communiquer à la partie poursuivie les pièces par lesquels, il veut faire ses moyens de preuve.

Me Farama et Kyélem, avocats de Newton Ahmed Barry sur ces points ont soutenu que les avocats faisaient une mauvaise lecture des dispositions.

A la barre, Jean Paul Konseibo a reconnu l’écrit incriminé mais affirme qu’il a usé de prudence en ne nommant pas le concerné. Selon, lui, il a obtenu son information de source sûre. D’ailleurs, il soutient que son métier, c’est de « publier, l’information » et si après coup il y a des problèmes, le concerné «peut user de son droit de réponse ». Pour Me Patricia Sawadogo, son client de bonne foi a voulu simplement informer le public en diffusant cette information. D’ailleurs demandera t-elle à Newton Ahmed Barry, d’autres journaux comme l’Hebdo et L’Opinion ont écrit sur cette affaire et pas de façon agréable. «Mais pourquoi aviez vous décidé d’attraire Sidwaya ? questionne Me Sawadogo. « Sidwaya a un devoir de neutralité. Je suis un contribuable. Mes impôts contribuent à payer le salaire de Jean Paul Konseibo. Quant aux autres journaux, ce n’est pas à mon niveau de résoudre le problème du fait que des journaux sont crées pour insulter d’autres Burkinabè. C’est à l’ensemble des Burkinabè d’apprécier», répond Newton Ahmed Barry.

 

Pour le parquet le délit de diffamation est constitué d’autant plus que l’on reconnaît à travers l’écrit Newton pouvait. Le contenu est faux puisque le plaignant n’a pas fait de prison au Togo n’a pas acheté une voiture au Bénin et n’a pas tenté de fuir par le Togo. Il a requis contre le prévenu une peine de 2 mois avec sursis et une amende de 300 000 FCFA. C’est du fait que c’est une diffamation, «C’est pour cela que nous demandons une condamnation exemplaire » a soutenu Me Kyelem. Il a donc demandé 15 millions de francs CFA de dommages et intérêts (soit 5 pour le préjudice matériel et 10 pour le préjudice moral) et 500 000 F pour les frais d’avocats. Quant à Me Farama, il a demandé la publication du verdict en 5 parutions dans les journaux L’Observateur Paalga, Le Pays, Sidwaya, L’Indépendant et sur le site web du lefaso.net. Pour l’avocat, Sidwaya a donné un coup en dessous de la ceinture et cela n’est pas tolérable. « On ne doit pas utiliser les moyens de l’Etat pour régler ses comptes ».

Au cours du jugement, Newton s’est dit victime d’une cabale montée pour lui nuire. Il a exprimé  sa peine  à attraire un confrère en justice. « Mais ils ne m’ont pas donné un autre choix que de saisir votre tribunal pour laver mon honneur. Cette affaire me fait très mal ».

Le CSC avait initié une médiation le 20 novembre dernier.  Un communiqué final a été produit. Mais le directeur de Sidwaya a refusé de le signer car n’étant pas d’accord un bout de phrase.

«J'espère que ce verdict est un signal fort pour les organes d'Etat. Il est temps qu'ils deviennent des organes de service public, au service de la démocratie, de la bonne gouvernance, des Droits humains ! » souhaite Crépin, un lecteur.

 

Ramata



27/11/2007
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