La route de la politique

Cette route de Dédougou ne peut pas être comme les autres. Même si l'Etat doit bien cela au Dédougoulais, c'est à la magnanimité de Blaise Compaoré finalement qu'ils doivent d'avoir leur goudron.

Il y avait donc ce 29 mai, deux cérémonies en un. La première est évidement celle de l'Etat, représenté par le chef du gouvernement, sous le patronage duquel la cérémonie était placée. Il a inauguré les chrysanthèmes, bien encadré par le président de l'Assemblée nationale, Roch Marc Christian Kaboré et les gourous de la FEDAB/BC et du CDP. Dans le protocole de la cérémonie, il n'a été prévu leur prise de parole, mais l'aire de la cérémonie a été bien habillée de leur couleur. Les banderoles ont parlé pour eux. La FEDAP/BC avait la sienne, bien en vue et le CDP aussi. Il suffisait de bien regarder pour se rendre compte, que dans le compagnonnage, il y avait qui était plus légitime que d'autre. Le CDP a dépêché sur les lieux un représentant du bureau politique, en la personne de Paul Ismaël Ouédraogo, qu'encadraient à l'occasion quelques ouailles locales drapées dans les pagnes CDP. Mais la FEDAP/BC, elle, a fait les choses en grand, avec sa flamboyante Alizeta Gando qui avait pour elle seule une banderole intuite personae. "Maman Alizeta Gando" qu'on lui avait servie. Les inspirés scribouillards des banderoles ont dû faire un stage à l'école de "l'authenticité zaïroise". En tout cas par dose homéopathique, la flagornerie politique fait son chemin dans notre pays. Alors vive "Maman Gando" !

Des cadeaux malencontreux !

C'est visiblement une tradition qui se réinstalle dans le pays. Après chaque cérémonie, les organisateurs se croient obligés d'offrir des cadeaux aux ministres et députés invités. A Dédougou, la tradition a été bien respectée, que dis-je malencontreusement respectée. D'abord si cadeau on devait donner, il fallait, nous semble-t-il, penser d'abord aux étrangers, notamment aux bailleurs de fonds qui se sont déplacés à Dédougou. Or devant nos étrangers ébahis, on a assisté à une auto récompense dégoûtante. Le Premier ministre, le président de l'Assemblée nationale et le ministre des Infrastructures ont été appelés à recevoir de volumineux sacs de maïs. Un cadeau, c'est un symbole et on le donne à l'étranger. On peut comprendre que l'on donne le maïs symboliquement à Dédougou. Dans ce cas, quelques kilos auraient fait l'affaire et dans un emballage recherché.
Si on s'éloigne du caractère symbolique des cadeaux, on ouvre la porte à tous les abus. Déjà, dans les régions, il suffit d'une visite d'un ministre pour que les gouverneurs exigent qu'on remplisse leur frigo. Les hauts commissaires font de même et les préfets aussi. Au finish, ce sont les populations qui paient la note. N.A.B



16/06/2010
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