La méningite à grands pas au Faso

La méningite à grands pas au Faso

Ce début d'année 2007 connaît une poussée d'épidémie de méningite dans certaines régions du Burkina. Malgré les dispositions prises pour juguler la propagation de la maladie, la situation reste très préoccupante.

Au début février, soit la semaine 5 de l'année 2007, 1299 cas suspects de méningite ont été notifiés. 142 personnes sont décédées soit 10.93% de létalité. La période à risque qui s'étant jusqu'en mi-mai justifie le maintien d'une surveillance renforcée dans l'ensemble des districts sanitaires pour la détection précoce d'un éventuel foyer épidémique. Cependant, Ouargaye et Banfora ont atteint le seuil épidémique de 10 cas pour 100 000 habitants. Ce seuil permet aux spécialistes de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) d'estimer le niveau d'épidémie.
L'ampleur des épidémies varie d'une année à l'autre. Les flambées épidémiques sévères sont de 1996 avec 42 967 cas dont 4 363 décès. 1997 avec 21 897 cas dont 2 460 décès. L'épidémie de 2006 a enregistré un nombre cumulé de 19 162 cas dont 1677 décès.
En 2002, la souche W135 apparue en Arabie Saoudite a été diffusée en Afrique subsaharienne par les pèlerins de retour de la Mecque. Au Burkina, on avait dénombré près de 14 455 personnes touchées dont 1 443 décès.
Contre le W 135, les laboratoires pharmaceutiques ne disposaient pas de stocks de vaccins. C'est d'ailleurs la violence de l'épidémie de 2002 qui a convaincu l'OMS à lancer un appel aux laboratoires pharmaceutiques pour qu'ils mettent rapidement au point un nouveau vaccin trivalent qui couvre aussi bien les formes traditionnelles de la méningite en Afrique (A et B), que la nouvelle souche W135.

Epidémie récurrente

Le Burkina Faso est situé dans la ceinture méningitique africaine allant du Sénégal à l'Ethiopie et connaît régulièrement des épidémies récurrentes. C'est ainsi que notre pays a été confronté à des épidémies en 1996, 1997, 2001, 2002, en 2003 et 2006. Les flambées de méningite en Afrique ont lieu généralement au cours des mois de novembre et de décembre, lorsque souffle l'harmattan, vent chaud et sec. Ce vent est propice à la propagation des germes responsable de la maladie. La méningite se transmet par contact avec une personne atteinte. Elle est mortelle dans 50 % des cas en l'absence de traitement et dans encore 20 % des cas même lorsqu'elle est soignée. Elle peut occasionner de lésions neurologiques graves ou auditives. En 2002, toutes souches confondues, la méningite a atteint 33 000 personnes et provoqué la mort de 2 500 d'entre elles dans les pays africains de la ceinture de la méningite. La maladie se manifeste par une fièvre forte et brutale, accompagnée le plus souvent de douleurs au cou et de taches sur la peau. Chez les enfants, l'élévation brutale de la température du corps, une fontanelle bombée et des pleurs en sont les symptômes.

Eradiquer le mal

Pour juguler la flambée épidémique de la méningite en cette année 2007, le gouvernement a mis en place un plan de riposte à une éventuelle épidémie de méningite: vacciner environ 3 millions de personnes. Ce qui nécessite plus de 3 millions de doses. Il faut également renforcer la surveillance épidémiologique par une prise en charge précoce et correcte des cas de méningite.
Le gouvernement compte organiser des campagnes de vaccination réactive dans le district de Ouargaye et de Banfora. Le coût total des opérations est d'environ 778 millions de FCFA
En plus de l'effort du gouvernement, la population a développé des stratégies de protection : arroser les cours avant de les balayer, à s'enduire les narines de beurre de karité pour contenir la poussière ... n

Ramata.sore@gmail.com



04/03/2007
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