La crise boursière inquiète l'Europe

 Les marchés boursiers mondiaux ont connu le 21 janvier leur plus forte baisse depuis le 11 septembre 2001. L'économie mondiale continue à subir les conséquences de la crise des prêts hypothécaires à risque aux Etats-Unis. Une récession est-elle inéluctable ?

 

 Le Temps (Suisse) "Le krach de ce 21 janvier 2008 rappelle, sur les écrans, ceux d'autres époques de l'histoire. Mais il a quelque chose d'unique", assure Myret Zaki. "Il ne s'agit pas d'une panique ponctuelle suite à un acte de terreur, comme en septembre 2001. Ni du reflet de valorisations excessives suite à l'éclatement d'une bulle spéculative, comme en mars 2000. Cette fois, la chute brutale des cours boursiers se produit alors que les bilans des entreprises sont sains, en dehors des secteurs financier et immobilier. Ce krach constitue un ajustement à la réalité, depuis que les investisseurs sont conscients que les marchés financiers sont infectés par les titres d'actifs défaillants. (...) Le retour des investisseurs à la bourse, lorsqu'elle aura fini de se 'nettoyer', devra absolument s'accompagner d'une réflexion de base sur l'adéquation entre la valeur d'un actif physique et le titre financier qui lui est adossé." Libération (France) Interrogé par Christian Losson, le professeur d'économie Michel Aglietta explique pourquoi l'Europe serait la plus touchée en cas de crise grave. "L'Irlande, le Royaume-Uni et l'Espagne vivent une crise immobilière qui a beaucoup de points communs avec les Etats-Unis, même si la technique de financement diffère : bulle des prix, prêts à taux variables, excès d'endettement. Le secteur immobilier va s'effriter, voire s'effondrer. Et rejaillir sur les banques, très impliquées. L'Allemagne, regonflée par ses exportations, va tousser. Quant à la France, qui se rêve au-dessus de 2 % de croissance, c'est hallucinant. On sera au mieux à 1,5 %. L'Europe paiera le prix de sa présence inerte dans la mondialisation. Incapable de mobiliser une politique budgétaire et monétaire, comme les Etats-Unis, elle mettra plus de temps à repartir." Der Standard (Autriche) Eric Frey tente d'expliquer le krach boursier. "L'incertitude est le pire ennemi des bourses. La forte chute [le 21 janvier] des cours sur les marchés actions asiatiques et européens  - alors qu'il n'y avait aucune cotation à Wall Street pour cause de jour férié - ne trouve pas son origine dans les dernières informations sur l'économie mondiale et les banques. C'est tout le contraire : personne ne connaît précisément la tendance de la conjoncture mondiale. (...) Une récession aux Etats-Unis affecterait sûrement l'Asie, puis l'UE. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, n'est pas le seul à espérer que l'économie européenne soit épargnée par les conséquences d'une récession en Amérique du Nord et poursuive sa croissance. Mais, jusqu'à présent, cet espoir s'est toujours avéré illusoire. Cette fois encore, il ne devrait pas en être autrement." La Libre Belgique (Belgique) Ariane van Caloen considère que "cette crise est inquiétante car elle a montré que les banques ne savent pas toujours ce qu'elles ont dans leurs bilans, se fiant de manière crédule aux appréciations souvent trop flatteuses données aux débiteurs ou à différents produits financiers par les agences de notation. Il est loin le temps où le banquier connaissait bien l'emprunteur final. A l'heure d'aujourd'hui, les liquidités passent par quantité de véhicules opaques qui semblent échapper à tout contrôle. Comment est-ce possible que de nombreuses institutions financières, toujours à la recherche de rendements plus élevés, aient pris tant de risques sans qu'on n'ait tiré la sonnette d'alarme ? Au sein des organismes de contrôle, on se pose certainement la question sans pour autant avoir trouvé la réponse."



22/01/2008
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