Jamila Kaka demande la libération de son mari
Lors d’une conférence de
presse organisée dans les locaux de Reporters sans frontières le 20 mai 2008,
Jamila Souley Kaka, épouse de Moussa Kaka, directeur de la station privée Radio
Saraounia, correspondant au Niger de Radio France Internationale (RFI) et
Reporters sans frontières, incarcéré depuis 243 jours au Niger, a exhorté les
autorités françaises à soutenir la demande de libération de son mari.
"J’appelle les
autorités françaises à nous aider pour que Moussa soit libéré le plus tôt
possible. Parce que Moussa n’a rien fait, nous le savons tous", a déclaré
Jamila Kaka, qui assure la direction de Radio Saraounia pendant l’incarcération
de son mari. Lors de son intervention, l’épouse de Moussa Kaka a dénoncé la
campagne de persécution et de dénigrement de son mari orchestrée par les
autorités nigériennes et relayée par les médias publics. "C’est parce que
Moussa révèle les problèmes du Niger que les autorités le poursuivent."
Elle a également décrit ses conditions de détention. "Il supporte son
enfermement du mieux qu’il peut, mais ce n’est pas facile de vivre dans une
prison en Afrique. Il est détenu avec treize autres personnes dans une cellule
de douze mètres carrés".
Robert Ménard, secrétaire
général de Reporters sans frontières, a rappelé que l’innocence du journaliste
ne faisait aucun doute : "Sans dévoiler le secret de l’instruction,
nous pouvons affirmer qu’il n’y a rien dans ce dossier qui permette aux plaignants
d’accuser Moussa Kaka d’avoir fait autre chose que son travail. Il est
totalement innocent." Robert Ménard a appelé les autorités françaises à
agir. "Recevoir Jamila à Paris, c’est autant de messages qui sont envoyés
au Niger. (...) Comme les autorités françaises ont agi pour libérer Thomas
Dandois et Pierre Creisson, il faut oeuvrer pour la libération de Moussa
Kaka" a-t-il déclaré.
Juliette Rengeval,
journaliste à RFI et présidente du comité de soutien à Moussa Kaka, a déclaré
que la détention arbitraire de Moussa Kaka était un très mauvais signal lancé à
l’ensemble des journalistes en Afrique, qui exercent leur métier dans la peur.
Moussa Kaka est incarcéré
depuis le 20 septembre 2007 à Niamey. Il a été inculpé de "complicité de
complot contre l’autorité de l’Etat". Il lui est reproché d’avoir fait
preuve, au cours de contacts téléphoniques avec un chef de la rébellion
touarègue du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), d’une prétendue
"connivence" avec ce groupe armé basé dans le nord du pays. Il risque
la prison à vie.