Blackout du gouvernement kenyan sur l'information

L'Institut des médias du Kenya et d'autres membres de l'IFEX condamnent la décision du gouvernement kenyan d'interdire toutes les émissions en direct,à la radio et à la télévision, en réponse à la violence post-électorale.

Le gouvernement a annoncé le 30 décembre la suspension indéfinie de toute
émission en direct, tandis que de violentes manifestations de protestation
ont éclaté après que le président Mwai Kibaki eut été réélu pour un autre
mandat de cinq ans et que circulaient des allégations de fraude électorale.

« Le blackout des nouvelles pourrait déboucher sur une situation où la rue
est dominée par la rumeur et la désinformation », dit Reporters sans
frontières (RSF). « Il impose un climat d'intimidation et plonge le pays
dans la confusion. »

Le ministre de l'Information a déclaré que la suspension des émissions
avait été ordonnée « dans l'intérêt de la sûreté et de la tranquillité
publiques ». Selon des dépêches du gouvernement, près de 500 personnes ont
perdu la vie et plus de 250 000 autres ont fui leurs demeures en raison de
la violence post-électorale. L'opposition soutient que les émeutes
pourraient avoir fait jusqu'à 1 000 morts.

Pour les membres de l'IFEX, l'interdit prive le public d'importants
développements. « La directive pour effet ultime de bâillonner les médias
et la liberté d'expression à un moment critique du processus démocratique
de notre pays », dit le Media Institute. « Il cible la voix de ceux qui
pourraient avoir été lésés par le résultat de l'élection et vise à empêcher
l'expression de ces critiques. »

La plupart des médias électroniques se sont conformés à la directive. Une
station privée, « Kiss FM », continue à diffuser une tribune téléphonique.
D'après RSF, les journalistes locaux affirment que les nouvelles circulent
maintenant essentiellement par messages SMS.

Le Media Institute et d'autres membres de l'IFEX appellent le gouvernement
kenyan à révoquer l'interdit « dictatorial » immédiatement et
inconditionnellement, et à coopérer avec les entreprises de médias afin de
trouver une solution à l'amiable qui serve la « sécurité nationale et
l'intérêt public ». Le Media Institute a fait circuler un appel conjoint
parmi les membres de l'IFEX.

Dans un geste sans précédent, des médias de tout le spectre politique ont
partagé une manchette identique le 3 janvier, « Save Our Beloved Country »
(Sauvons notre pays bien-aimé). Les médias, électroniques et imprimés, ont
consacré leur manchette à la dénonciation de la violence post-électorale et
à lancer des appels à la paix, dans une initiative menée par le Conseil de
médias du Kenya.

Consulter les sites suivants :
- Media Institute (courriel) : mediainst(@)wananchi(.)com
- RSF : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=24913
- ARTICLE 19 : http://tinyurl.com/2v9fy9
- Institut international de la presse : http://tinyurl.com/2pagjr
- Association des journalistes d'Afrique de l'Est (courriel) :
eaja(@)intnet(.)dj
- « Save our Beloved Country » (Sauvons notre pays bien-aimé), éditorial du « Daily Nation », journal le plus important du Kenya :
http://tinyurl.com/3xl7q4



13/01/2008
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