15 aout, les sankaristes étaient encore présents à Dagnöen

Devenu un rituel, chaque 15 Octobre, les sankaristes à l'unisson vont s'incliner au cimetière de Dagnöen à la mémoire du capitaine Thomas Sankara et ses 12 compagnons tombés sous les balles assassines de leurs frères d'armes le jeudi 15 octobre 1987. Cette année encore, ils n'ont pas dérogé à la règle, les militants étaient encore nombreux au cimetière pour le dépôt des gerbes de fleurs et pour écouter les différentes interventions émanant des organisations sankaristes. On a d'abord entonné l'hymne national, le ditanyè, forgé au temps de la révolution. Et puis ce fut le symbolique moment de fleurissement des tombes. Le gotha sankariste était là au grand complet avec les associations de la société civile de cette obédience.
Enfin est venu le moment de prendre la parole. Et la belle unanimité a retrouvé ses lézards. C'est le parti de Bénéwendé qui a essuyé les tirs groupés des autres. Le Front des forces sociales (FFS), le Conseil national de la renaissance/ Mouvement sankariste (CNR/MS) et l'Union des partis sankaristes (UPS) ont commis un unique porte parole, Romain Conombo, pour dire tout le bien qu'ils pensaient de "l'élan hégémoniste" du parti de Bénéwendé. Voici en substance l'amabilité des camarades : "Si au début de la rectification, venir au cimetière était une défiance à l'ordre répressif du capitaine Blaise Compaoré, les célébrations seront au début de l'ère de démocratie des moments d'affirmation de l'idéal, de retrouvailles et d'engagement renouvelés. Mais force est de constater qu'au fil du temps, venir au cimetière de Dagnöen a des relents d'humiliation et de débâcle au sein de la grande famille sankariste et pour cause : la célébration de plus en plus conflictuelle au sein de la famille sankariste. Point n'est besoin de rappeler que notre héros national repose à Dagnöen et que pour l'occasion, le lieu et la date sont une propriété de tous les sankaristes sans exclusive. Alors pourquoi nous donner en spectacle parce que des élans hégémonistes et exclusionnistes habitent certains d'entre nous."
Bénéwendé a encaissé l'uppercut sans broncher. Il a du faire sien le proverbe moaga : "le chef c'est la poubelle faite pour recevoir tous les immondices". Surtout qu'il se présentait pour la première fois à Dagnöen avec son nouveau titre de chef de l'opposition. En chef, Bénéwendé a fait le choix de parler de ce qui les unit. Il s'est davantage appesanti sur les acquis du Comité international justice pour Thomas Sankara (CIJS). Cette structure a obtenu de l'ONU, l'injonction au gouvernement burkinabè de faire toute la lumière sur l'assassinat de Thomas Sankara. Maintenant il s'agit d'accompagner cette injonction par de nouvelles requêtes. La plus urgente à conduire est l'expertise de la tombe du président du CNR. Et Bénéwendé d'informer ses camarades qu'il a introduit une requête dans ce sens auprès des instances habilitées. Après une esquisse aussi magistrale, les autres n'ont eu d'autre choix que de rengainer leur carquois pour de prochaines explications "plus appropriées". Chez les Sankaristes, c'est la bagarre des chiens. A chaque fois qu'ils se voient, c'est GRRRR !!!! Curieux n'est-ce pas pour des gens qui ont enseigné longtemps qu'il fallait savoir distinguer les contradictions principales des contradictions secondaires. MNZ



28/11/2009
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