La solidarité au Mali : Une leçon de chose pour les Burkinabè

Nous avons l'habitude aussi d'organiser depuis quelques années des mois de solidarité. Mais notre façon de faire dénote qu'au fond, nous le faisons par acquis de conscience. Le président du Faso est plus sensible au gala de la première dame qu'à la solidarité avec les plus démunis du Burkina, ceux qui vont dans les jours à venir lui donner leur suffrage, pour lui permettre de rester encore à Kosyam. S'il fallait  mesurer la compassion au volume de l'enveloppe, y a pas match. A la journée de la solidarité, Blaise a donné 30 000 f cfa et à Chantal, pour la soirée gala de sa fondation, il a casqué plusieurs millions.

Chez les Maliens, l'approche est tout autre. Cette année, l'Etat a décidé de donner comme contribution 100 millions f cfa. Ensuite, ce sera le tour des autres. Le montant attendu est d'environ un milliard de francs. L'année dernière, un fils du pays qui a réussi en France, le promoteur de la marque ERNSS, avait à lui seul donné un milliard de franc cfa pour le mois de solidarité. Cette année encore, une contribution de cette nature et probablement d'un montant supérieur est attendu. Chez les Maliens, c'est l'émulation encouragée par l'Etat. Ce n'est pas comme chez nous, où personne n'aime personne. Chacun tend chaque matin l'oreille pour entendre le malheur de son voisin. Le plus dramatique, c'est que l'Etat est sur cette même longueur d'onde.

Au Mali, ce mois de solidarité a été thématiquement divisé en quatre semaines avec des thèmes et des actions concrètes. La première semaine, c'est la solidarité avec les plus âgés. L'Etat, le président en tête, rend visite à ces personnes, dans la pure tradition africaine. La doyenne du Mali qui a 126 ans et encore toute sa tête a accueilli le président Toumani chez elle avec une pièce de 500 f cfa. C'est pour que le président, qui est son cousin à plaisanterie, aille s'acheter du haricot. Elle en a profité pour rappeler à ATT que les macaronis (la vieille adore les pâtes) qu'il lui a promis l'année dernière ne sont toujours pas parvenus. Le président s'est souvenu qu'il lui avait promis effectivement. Mais cette année, a-t-il juré, ce sera fait.

La solidarité de l'Etat avec ces personnes âgées ira au-delà des symboles. Pendant les douze mois à venir, les soins dans les hôpitaux ont été décrétés gratuits pour elles et quel que soit le bobo dont elles souffrent. C'est concret et chaleureux. Chez nous, on laisse tantie Pascaline se demerder toute seule.
NAB



31/10/2010
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