Question à 8 milliards €
Ramata

France-Afrique : Qui aide vraiment qui ?
Les dessous de l’aide publique au développement

Question à 8 milliards € : où va l’Aide Publique au Développement ?
A vec 8,2 milliards d’euros alloués en 2006 au titre de l’aide publique au développement (APD), la France se classe au quatrième rang des pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) et au premier rang des pays du G8 en terme de contribution rapportée à son PIB (0,47% en 2006). Elle devrait même atteindre 0,5% en 2007 et 0,7% en 2010, l’objectif fixé par la communauté internationale en 1970. Dans les instances diplomatiques, on n’en finit pas de redécouvrir l’importance du financement du développement, de la lutte contre la pauvreté et la France est souvent au premier rang des donneurs de leçons de vertu. Après le Président Chirac, initiateur (parmi d’autres) de la nouvelle taxation internationale sur les billets
d’avion, ce fut au tour de Nicolas Sarkozy de plaider pour un « nouvel ordre mondial » lors d’un discours prononcé à l’ONU le 25 septembre 2007. « Les pauvres et les exploités se révolteront un jour contre l’injustice qui leur est faite » affirmait le président français.
La réalité oblige pourtant à une lecture critique du tableau « idyllique » des engagements français en matière de solidarité internationale. Sur les montants d’abord. Si on exclut la partie allouée aux « opérations de rééchelonnement de la dette des pays du Sud », qui ne permet pas de dégager de l’argent frais dans les pays récipiendaires et qui est en grande partie la résultante de prêts antérieurs contractés en toute irresponsabilité avec des régimes illégitimes et corrompus, l’APD française n’augmente pas. Elle diminuerait même sensiblement (- 90 millions de 2004 à 2005). De plus, le contenu même de l’enveloppe réserve quelques surprises. Elle contient par exemple les frais de bourses accordées aux étudiants étrangers, les coûts administratifs relatifs à l’accueil des demandeurs d’asile, des financements accordés aux territoires d’outre-mer ainsi que
des programmes dédiés à la promotion de la francophonie et au rayonnement culturel de la France dans le monde. En définitive, moins de 55% de l’APD seraient constituées de programmes sectoriels ou d’assistance technique, dont la moitié seulement allouée aux pays les moins avancés. Plus généralement, cette APD française s’inscrit dans une politique de la France en Afrique qui est contestable dans ses objectifs et souvent incontrôlable : − cette politique continue à se décider à l’Elysée, avec un contrôle insuffisant du Parlement − elle maintient au pouvoir des régimes dictatoriaux et corrompus, peu soucieux du bien être de leur population
et qui détournent bien souvent l’aide dont leur pays bénéficie − elle est incohérente avec ses objectifs déclarés de solidarité internationale dans sa gestion de la dette des pays pauvres, dans sa politique agricole et dans sa participation au sein des institutions internationales telles que
la Banque Mondiale, le FMI (Fond Monétaire International), l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce)… − elle a permis aux réseaux de la « Françafrique » de s’intégrer dans les réseaux internationaux aux tendances mafieuses qui ont pour vecteurs la spéculation sur les dettes des pays du Sud, le mercenariat, les ventes illégales d’armes, le pillage des ressources
africaines et la criminalité internationale. Il est donc nécessaire de réformer le dispositif de coopération française au développement, audelà des timides réformes institutionnelles de 1997 et 2004, et de proposer et appliquer une nouvelle politique extérieure de la France, plus responsable et plus transparente. Ce sont bien les fondements et la légitimité de notre relation avec les pays africains qui doivent se poser à nous aujourd’hui. Conduite à terme*, cette réflexion conduirait sans doute à ternir l’image d’Epinal de « la France, amie et bienfaitrice de l’Afrique ».
En effet si l’on décortique les statistiques économiques, on s’aperçoit que l’argent versé par la France au titre de l’aide est peu de choses en comparaison avec les rapatriements des multinationales, l’argent des trafics menés en Afrique ou même les transferts des migrants africains résidants en France. Le phénomène est identique au niveau mondial où la charité et la générosité affichée par les grandes puissances, qui aiment afficher leur compassion pour le continent africain, est au final bien peu de choses en comparaison à ce que ces dernières font ou ont fait subir à l’Afrique : exploitation des richesses, dette, accords commerciaux iniques, plans d’ajustements structurels et schémas néolibéraux imposés, etc. S’intéresser aux dessous du financement du développement revient donc souvent à tordre le cou à bon nombre
d’idées reçues dont la première et la plus répandue est l’affirmation selon laquelle les pays du Nord et la France en particulier « aident » l’Afrique.

SURVIE
210, rue Saint-Martin
75003 PARIS
www.survie-france.org

j'ai tres apprecier cette rubrique sur l'aide pubique au developpement. Merci

Cela s'appelle le "Néocolonialisme". Malheureusement, nos dirigéants en sont plus complices, qu'ils ne cherchent des mesures pour le contre-carré, au profit de leurs peuples. Sinon comment comprendre le "téléguidage" de l'argent réçu en aide. C'est dans les esprits, et, il faut d'abord leurs libérations avant d'espérer celles des finances,des matières premières...A quand l'Afrique?

Cela s'appelle le "Néocolonialisme". Malheureusement, nos dirigéants en sont plus complices, qu'ils ne cherchent des mesures pour le contre-carrer, au profit de leurs peuples. Sinon comment comprendre le "téléguidage" de l'argent réçu en aide. C'est dans les esprits, et, il faut d'abord leurs libérations avant d'espérer celles des finances,des matières premières...A quand l'Afrique?

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Hors-ligne
C'est bien contre cette politique de l'APD que Thomas Sankara s'est insurge lorsqu'il declarait que nous voulons "l'aide nous aide a nous passer de l'aide". Cette forme d'"aide" telle que decrite n'arrange que les "donateurs" et les regimes impopulaires et dictatoriaux qui en sont beneficiaires.
Salut,
Je viens de te lire et me suis empressé de m'inscrire.
A tout moment

Cela s'appel de l'exploitation pure masquer par des slogans a la mode qu'on appel aide, lutte contre la pauvrete, cooperation au developpement. Mais a bien reflechir, les occidentaux et surtout la France n'a aucun interet a ce que les pays Africains sortent de leur situation actuelle. Donc une fois de plus il revient aux afriacains de trouver leur voie. L'aide opu l'assistance n'a jamais construit un pays ni un continent. Il faut surtout se reveiller et reargder vers l'Est : la chine et l'Inde. L'exmple de ces pays doit nous inspirer.
Sissoko

La France doit augmenter le montant de son envoloppe destinée à l'Afrique pour l'aide publique au déeloppement. Beaucoup de pays africains ont aidé la France lors des deux guerres mondiales. Et puis, elle a importé une grande partie de nos richesses.
tonton

Le concept même d'aide est absurde, un Etat n'a que des intérêts. Souvent, en la matière, les plus lucides, les plus cyniques, sont parfois les plus altruistes. Cela, il faudrait une bonne fois se le mettre dans la tête. Le reste c'est de la littérature, des paroles verbales ou du vent écrit...
Par ailleurs, en faire le compte est intéressant.
Ceux qui ont calculé les coûts arrivent en général aux conclusions suivantes (USAID, ou un bureau pour artisans qui fonctionnait un temps au Burkina par exemple):
Sur 100 envoyés en "dons" par un pays, 60 ne partent pas au pays aidé pour couvrir les frais de fonctionnement (en cas de très très bonne gestion des fonds: 60% de frais de gestion); 20 à 30 reviennent sous forme d'économie ou de salaires sur place de gens du pays donateur, ou encore de vente de produits du pays donateurs, ou de frais de voyage externes au pays aidé aux gens du pays aidé). Reste 10, dont un certain pourcentage, un peu moins de 5, s'évapore en pots-de-vins et frais de fonctionnement locaux. Reste au mieux 5 sur les 100 partis.
Certaines fois c'est pire (en particulier les organisations dites caritatives qui pompent les associations de bénévoles du pays donateur et pillent le pays dit receveur en revendant dans le pays donateur des produits achetés à bas prix chez les "aidés".
J'ai une fois calculé pour une opération de ce type (envoi de 50 étudiants (en fait un peu plus) au Pays Mossi pour "construire" une école et n'ont pas réussi à faire mieux qu'ériger une rangée de briques: chacun donnait 8000 F -soit 800 000 cfa- pour y aller, ce qui payait lselon les organisateurs le prix du voyage de leur ville au village (à la même époque, je voyageais parfois pour 250 mille cfa en prenant mon billet au dernier moment!);
ils étaient nourris, mais pas habitués au tô n'y ont goûté que par curiosité; ils devaient aussi apporter la preuve qu'ils avaient 2000 F -200 000- avec eux pour vivre au Burkina et acheter ce que bon leur semblerait. 3 semaines, billet autour de 1000 FF par personne (puisque pris en groupe une année et plus en avance). Frais au plus: 150 000 cfa de voyage et d'hébergement. Les "acompagnateurs" ont loué pour eux un Toyota Hilux, ont logés à l'hôtel à Ouaga, ne sont pas restés au village afin que les jeunes soient libérés de leur présence dans leurs rapports avec les villageois (sic), je ne dirai pas lequel, ont bouffé au Coq Bleu et à l'Eau Vive et parfois pour faire couleur locale au Tam Tam ou à La forêt (où je fus invité); sont repartis avec un conteneur de masques, paniers, curios divers. J'ai fait les calculs au plus juste, dans ce groupe de professeurs qui a organisé le voyage chacun avait gagné près d'une année de salaire, net d'impôts.
Vous feriez bien de vous méfier des dons.
De toutes les façons, vieil adage: la charité n'entraîne que la mendicité; soyez capables de prendre ce qui est prenable et de refuser ce qui corrompt; et comptez sur vos propres forces, c'est en vous fondant sur elles que vous vous ferez un avenir qui sera à l'image de votre long et glorieux passé, en fermant ainsi la page coloniale et en ouvrant celle d'une mondialisation inévitable dans laquelle vous serez acteurs, et non pas victimes consentantes et malheureuses.

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