Le MBDHP contre la révision de l'article 37
Le parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), à l'issue de son congrès de juillet dernier, a décidé de mettre sur pied une commission dont la mission est de faire des propositions pour une éventuelle révision de la constitution. Le président Roch Marc Christian Kaboré n'exclut pas l'article 37 dans cette énième retouche de la loi fondamentale du Burkina. En face, on assiste à une levée de boucliers. Des partis de l'opposition ainsi que des organisations de la société civile crient à l'unisson : touche pas à ma constitution. Le Mouvement burkinabè des droits de l'homme et des peuples (MBDHP) fait partie de ses structures qui appellent à la résistance.
"Nous sommes fatigués des brigandages de notre constitution", proteste Chryzogone Zougmoré, président du MBDHP. La loi fondamentale n'est pas faite, à ses yeux, pour contenter "une minorité au pouvoir". Son objectif fondamental serait d'encadrer l'exercice du pouvoir des gouvernants et garantir les droits fondamentaux des citoyens. La constitution de la 4è République adoptée en juin 1991 répond à cette exigence, selon le premier responsable de la première organisation de défense de droits humains au Burkina. Mais au fil du temps, fait-il remarquer, la constitution a subi des révisions qui ne respecteraient pas son esprit originel. Celle qui a le plus fait de bruit, rappelle-t-il, s'est opérée le 27 janvier 1997. Ce jour-là, le parti au pouvoir, profitant de sa large majorité à l'Assemblée nationale, a voté la modification de l'article 37, notamment en sa clause limitative du mandat du président du Faso. A l'époque, l'opposition avait protesté en vain. On n'avait pas entendu beaucoup la société civile. Cette fois-ci, cette dernière semble prendre les devants. Ses premiers responsables appellent à la constitution d'une large coalition pour la défense de la constitution, surtout l'article 37. Le président du MBDHP à la suite du directeur exécutif du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), le Professeur Augustin Loada, estime que le temps est venu de faire front commun pour défendre les acquis du processus démocratique entamé il y a 18 ans. "Nous avons un devoir de protection des dispositions consensuelles de la constitution et l'article 37 fait partie de ces dispositions", souligne avec force M. Zougmoré. Il considère par ailleurs l'actuel article 37 qui stipule que "Le Président du Faso est élu pour cinq ans au suffrage universel direct, égal et secret. Il est rééligible une fois." comme un acquis majeur de la lutte du Collectif contre l'impunité présidé par sa structure. En effet, c'est le Collège de sages qui avait recommandé au pouvoir, pour faire baisser la tension suite à la crise consécutive à l'assassinat de Norbert Zongo, de rétablir la clause limitative des mandats présidentiels. Le temps est passé et le MBDHP, à l'instar d'autres organisations soupçonne des velléités d'un autre "tripatouillage de la constitution". Cette organisation pionnière dans la défense des droits humains au Burkina se croit plus interpellée par ce qu'elle appelle "le devoir de veille sur la constitution" car elle a participé activement sa rédaction entre décembre 1990 et mai 1991. Une autre raison et non des moindres qui pousse le MBDHP à militer pour la coalition anti révision de la constitution, ce sont les expériences de certains pays qui ont connu des troubles à la suite de longs règnes. La Côte d'Ivoire d'Houphouêt et la République démocratique du Congo de Mobutu sont des cas illustratifs. "Il n'est pas question qu'une minorité prenne en otage le Burkina Faso. Ce pays regorge de compétences à tous les niveaux capables de le diriger correctement. Il est temps que nous puissions matérialiser l'alternance au Burkina", soutient le président Zougmoré. Quels moyens d'actions disposent les anti révisionnistes pour s'opposer ? M. Zougmoré pense que dans un premier temps, la coalition devrait faire un travail de plaidoyer envers la classe politique, surtout les gouvernants pour leur expliquer les dangers d'une éventuelle révision de l'article 37, ensuite envisager avec l'ensemble des "forces républicaines" des actions de rue si toutefois leur appel n'est pas entendu.
Idrissa Barry


Commentaires
Issaka le 31/08/2009 à 12:52:52Tout bon démocrate n'accepte pas le révision de la constitution qui à nos yeux est un recul et une ine insulte au peuple.Je joins ma voix à celle d'autres qui ont éléveé la leur en guise de protestation.
mike le 31/08/2009 à 16:13:10
Nous sommes moralement prêt pour la lutte, il faut refuser de faire 40 ans sous un même homme qui n'améliore pas le quotidien des Burkinabés....
kilombo le 04/10/2009 à 00:32:55
'' Touche pas à ma constitution''
A tous les patriotes, soucieux d'une véritable démocratie ponctuée d'alternance, c'est le moment ou jamais, de montrer ce que nous pensons de cette modification tempêtée et voulue par des hommes qui sont des citoyens au même titre que les paysans de Doundoulma.
Les jeunes, la classe politique, les cadres du CDP eux mêmes savent qu'ils risquent de prendre le développement du pays en ôtage. Un Burkina émergent ne peut pas l'être avec la classe politique actuelle, qui ne fait que du surplace. Si le Burkina appartient à tous les burkinabè du Nord au Sud et d'Ouest en Est, il est alors temps de penser à l'avenir de la conduite des affaires dans notre pays.
Devant l'histoire, nous les générations 70 et 80 retiendront que les hommes politiques actuels sont ceux qui nous ont mis en péril.
La corruption n'a jamais été autant couverte dans notre pays. Les dirigeants sont sourds et ne travaillent que pour leur propre bien être. Pourtant nous sommes un pays de croyants toutes confessions confondues. Tout le gachi est fait au sommet de l'Etat au détriment des pauvres concitoyens est un péché, ce sont des crimes contre le pays. Aucune confession religieuse n'admet les pratiques douteuses de la gouvernance actuelle ou les dirigeants actuels sont en train de compromettre l'avenir de notre jeunesse.
Pourquoi le CDP qui dispose des meilleurs cadres du pays n'a t-il pas été en mesure de statuer sur une constitution stable sur laquelle il fallait mettre des vreroux contre les malins ?
Comment le CDP va pouvoir justifier cet affront à notre peuple par une telle modification ?
Il n'y a pas de doute, les cadre du partis eux mêmes dans leur conscience ne sont pas pour cette modification. Pas même le premier Ministre qui est un croyant.
Pourquoi nous-faites vous autant de mal ?
Cet article 37 est la volonté et l'espoir de toute une nation. Nous avons toujours été un pays pauvre avec le système de gouvernance actuelle. Nous voulons d'autres modèle de gouvernance avec des hommes jeunes et nouveaux.
En ce qui me concerne, cet article 37 est sacré. Pour l'amour de Dieu, n'y toucher pas.
'' Touche pas à ma constitution''
kilombo le 04/10/2009 à 01:00:07
Salut Ramata, merci pour tes thèmes très pertinent. En tout cas je pense que ''ne touche pas à ma constitution'' devrait être un slogan diffusé largement de telle sorte que les gens du pays sachent que nous sommes fatiguée de leur incapacité à stabiliser la constitution pour le bien être de tous. Courage à toi. Prend bien soin de toi et manipule le sujet avec précaution. Les gens sont capables de tout.
En tout merci pour ton engagement.
Tu es une patriote.
Naonnidon A. SOMDA le 04/10/2009 à 10:34:52
Qui jouerait le facilitateur au Burkina ? Il faut que le PF se mette au dessus de la mellée car beaucoup autour de lui et surtout ceux-là ont intérêt à ce qu'il se salisse encore les mains pour que eux dans son nombre brassent davantage de milliards qu'ils utiliseront contre lui tôt ou tard! Son entourage ne gagne pas si le PF se retire maintenant car ils vont s'entre déchirer pour son fauteuil mais lui gagnerait au moment où sa politique intérieure et extérieure semble convaincre le monde. Demande pardon au peuple franchement, remercie-le, Organise des élections transparentes et sort par la grande porte c'est encore possible! les instances de L'UA auront besoin de Toi!mais la constitution ne touchez pas!!!!