Sankara et la mauvaise conscience d'un confrère français
"Médias et pouvoirs : l'indépendance des médias au XXIè siècle, regards
croisés Nord-Sud", c'est le thème d'une conférence-débat organisée à
l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar dans le cadre des activités du prix
Albert Londres. Devant près d'un millier d'étudiants et de scolaires, un
confrère de L'Expansion a fait la confession suivante : " J'ai le
sentiment qu'on m'a utilisé pour assassiner Thomas Sankara." Quand Guy
Penne vous appelle pour, dit-il, vous filer un tuyau et que par la suite, il
vous met en contact avec un responsable des services secrets qui vous oriente
sur le Burkina où, dit-il, il s'y passe des choses intéressantes
journalistiquement parlant, il y a de quoi emballer un journaliste reporter par
vocation très friand des affaires croustillantes. Et voilà notre journaliste
qui débarque à Ouagadougou, enquête sur la réalité de la révolution burkinabè
faite de goulags, de répressions contre les opposants etc. De retour dans sa
douce France, il balance dans le Figaro (il évoluait à l'époque au sein de ce
canard) un papier incendiaire contre la révolution burkinabè et son dirigeant.
Deux semaines après, le chef de la révolution burkinabè qu'il a vilipendé dans
son journal est assassiné. Que ne fut pas la colère de notre confrère qui a
tout de suite compris pourquoi on a mis tant de zèle à lui filer des tuyaux
alors que d'ordinaire, les journalistes peinent à arracher des informations. A
Dakar, il a donc décidé de soulager sa conscience en expliquant comment les
journalistes pouvaient comme lui être victime de manipulations.
Article ajouté le 2008-06-14 , consulté 254 foisCommentaires
COM Bary le 14/06/2008 à 13:22:28
Ils sont comme les autres
Les autres humains sont tous les mêmes. La seule différence qu'il y a entre eux, d'un individu à l'autre, c'est qu'ils n'ont pas la même sensibilité et exercent pas la même profession. Ce qui les différencie les uns des autres, ce sont les comportements et la profession.
Au sujet de l'article en questionn il n'est pas étonnant qu'un confrère se comporte de la sorte. Mais malheureusement cela ne devrait pas lui arriver en tant que journaliste pour que son article en fasse des victimes. A tout moment le journaliste par sa liberté d'expression,a le droit de collecter et de traiter ses informations. Mais il n'est pas libre en droit et en conscience de publier ou de diffuser des informations qui mettront en péril la vie des hommes, des animaux et de l'economie. C'est cela la déontologie du métier. Autrement, tout journaliste le sait, toute information n'est pas bonne à donner à tout moment. C'est vrai elle est comme une denrée gardée longtemps, elle périme. Nous ne comprenons pourquoi cette attitude avant etmême maintenant du journaliste.Et aussi et surtout l'intérêt qu'il a pour ses lecteurs. Car en journalisme, on ne le dira jamais assez, le souci premier du journaliste dans le sujet qu'il développe pour ses lectrurs ( auditrurs ou téléspectateurs) c'est l'intérêt qu'il donne à son information. Si non, c'est une non information.
Kambiré le 16/06/2008 à 14:45:16
Il est évident que l'écrit du journaliste n'a pas décidé de la mort de Thomas Sankara. Il a aidé en revanche ceux qui ont défait le président du CNR à se justifier d'avance. Le regret de ce journaliste français devrait être celui de la plupart des journalistes étrangers qui traitent de l'Afrique. Ils arrivent toujours sur le continent comme des mercenaires, pas pour constater, mais pour rechercher tout ce qui leur permet de confirmer ce qui leur a été dit. Naturellement ils trouvent toujours. Mugabé a chassé les Blancs des terres zimbabwéennes. Alors on montre la famine, les jeunes en fuites.Ce qui est vrai. Mais pour avoir chassé les Blancs des fermes, il doit partir et il faut chercher tout ce qui le discrédite pour préparer le terrain.Un dictateur africain jétait des cadavres dans l'océan. Il n'était pas plus pestiféré que Mugabé aujourd'hui. La manipulation et les tentatives de manipulation de la presse par les pouvoirs politiques et économiques, c'est enseigné dans les écoles de journaliste.
tipo le 30/06/2008 à 16:40:02
cela fait du bien de constater que des années après le crime crapuleux de Thomas SANKARA certaines personnes avec le recul comprenne qu'elles ont servi a faire avaler quelque chose qui ne passe pas.Qu'il soit tranquille car il n'est pas celui qui la fait. maintenant qu'il reconnait qu'il a été utulisé alors qu'il ne laisse plus une occassion passée dans la mesure du possible pour le faire savoir à d'autres personnes. Cette affaire de Thom tôt ou tard connaîtra son aboutissement. une chose est sûr Dieu ne dors pas et chacun repondra le jour "Z"
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