Affaire Justin Zongo : Rencontre avec le trio ministériel qui gère la crise

Ils sont trois ministres de la République à avoir dit oui à notre demande d'interview. Les deux Jérome de l'administration territoriale, et de la Justice et Auguste Dénise Barry de la Sécurité. C'est le bureau du ministre Bougouma (MATD) qui a servi de cadre à l'exercice, qui, somme toute est plutôt rare en temps ordinaires. A situation exceptionnelle, usages exceptionnels. L'entretien devait avoir lieu au siège de l'Evénement. Mais pour ne pas subir les aléas de la période des délestages, nous avons préféré les rejoindre au MATD. Au menu de l'entretien, la situation nationale: la série de drames survenus dans le Boulkiemdé à la suite de la mort de Justin Zongo, les manifestations de rue à travers le pays consécutives aux drames, les saccages des édifices publics ayant entrainé la fermeture des écoles et universités, les tractations en vue de ramener la sérénité et la paix, la gestion du maintien de l'ordre etc… A toutes ces questions, les ministres ont apporté leur lecture des événements et indiqué la stratégie du gouvernement pour une sortie de crise. Lisez plutôt.


Le ministre de la justice, Jérôme Traoré - Le ministre de l'adminsitration territoriale, Jérôme Bougouma - Le ministre de la sécurité, Auguste Barry.

 Pourquoi le procureur de Koudougou saisi par Justin Zongo n'a-t-il pas jugé nécessaire d'ouvrir une enquête?
Le ministre de la justice:
En réalité, dire qu'il n'a pas ouvert une enquête, c'est trop dire. Parce que lorsque feu Justin Zongo est venu le voir, selon ce qui m'a été dit, il a quand même pris contact avec la hiérarchie de la police au niveau de Koudougou pour savoir ce qui s'est passé. Il a quand même demandé à la hiérarchie de la police de lui dresser un procès verbal. Je sais que les gens se disent que quand on voit un procureur, il peut aller prendre directement le présumé délinquant et le mettre en prison. Mais le procureur n'agit pas comme ça. Dans ce cas précis, le procureur dit n'avoir pas eu entre ses mains, un certificat médical. Alors que vous savez qu'en matière de droit, pour qualifier une infraction, il faut obligatoirement que ces éléments là soient connus du procureur qui poursuit. A savoir, lorsque c'est une interruption temporaire de travail de moins de huit jours, c'est une contravention. C'est ça les repos qu'on donne généralement quand quelqu'un va en consultation. Plus de huit jours c'est un délit et quand il y a de l'amputation, c'est là qu'on peut aller dans le domaine criminel. Sans ces documents, le procureur est incapable de qualifier ici l'infraction.
Justin a été voir le procureur parce qu'il a été l'objet de harcèlement au niveau des éléments de la police. Il est allé se mettre sous la protection de la justice. Est-ce que dans ce cas là, le procureur n'aurait pas pu faire plus pour protéger Justin Zongo surtout qu'il a été le voir au moins deux fois.
Le ministre de la justice: En réalité, il est venu le voir une fois et la deuxième fois, il a matérialisé sa plainte par écrit. Maintenant, dire qu'il est venu se mettre sous la protection de la justice, c'est vrai. Mais qu'est-ce que vous pensez que le procureur aurait pu faire? Je vous repose la question.

En fait, nous pensons que vous êtes quand même plus informé que nous et que le procureur a dû mettre en garde les éléments de la police. Le procureur l'a fait oui ou non?
Le ministre de la justice
: Je vous dis qu'il a reçu les éléments, il leur a fait les observations nécessaires. Je pense que cela veut tout dire. Mais je ne vais pas aller dire que c'est plus que ce qu'il devait faire, mais il a fait selon ses dires les observations nécessaires aux policiers dès que Justin Zongo lui a rapporté les faits dont il a été l'objet.


Est-ce qu'il est possible d'entendre le procureur de Koudougou dans le cadre de l'instruction?
Le ministre de la justice
: En fait, on ne va pas l'entendre comme tout le monde, mais il peut quand même donner la version des faits et là il n'y a pas de problème. Je pense qu'il va le faire, il va donner la chronologie des faits qu'il a suivis depuis la venue de Justin Zongo dans son bureau.  

Justement où est-ce qu'on en est aujourd'hui avec la procédure?
Le ministre de la justice:
La procédure est vraiment bien avancée parce que pour une fois, vraiment c'est allé très vite. Vous savez que généralement lorsqu'il y a un OPJ qui est susceptible d'être impliqué dans une affaire, on saisit la Chambre criminelle de la Cour de cassation pour désigner la juridiction. Cela a été fait très rapidement parce que la Cour de cassation a statué vraiment avec célérité et la décision était disponible le jour même de son rendu et le juge d'instruction qui a été désigné a été saisi le jour même par l'arrêt de la Chambre criminelle. Ce jour là, le juge a convoqué directement le père de Justin Zongo et a demandé aussi que les policiers qui étaient en garde à vue dans les locaux de la police puissent lui être présentés le vendredi 11 mars. A cette date là, le père de Justin Zongo a été entendu, les policiers ont été entendus. S'agissant d'une première comparution, ils ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt. Le juge d'instruction s'est transporté à Koudougou le jeudi 17 mars et a procédé à l'audition de plusieurs personnes là bas, dont les camarades de classe de Justin Zongo, les membres de l'établissement où fréquentait Justin Zongo et les infirmiers des CSPS de Koudougou et Ralo. Elle a pu entendre entre le 17 et 18 mars, neuf personnes à peu près. Donc elle est vraiment avancée. Elle est rentrée, elle devrait entendre ici les médecins qui ont été requis par la justice pour le certificat médico-légal et elle va se transporter encore à Koudougou dès le 21 mars. Parce que le gouvernement a mis les moyens nécessaires à la disposition du juge d'instruction et du Parquet pour que l'instruction soit menée avec célérité. Donc actuellement, vraiment l'enquête est en cours et je pense que dans un futur proche, on pourra vraiment donner quelque chose de précis, étant entendu que si ça prend une tournure criminelle, c'est la Chambre criminelle de la Cour d'appel qui va statuer sur ce dossier.

Le mandat de dépôt concerne combien de personnes et qu'est-ce qu'un mandat de dépôt?
Le ministre de la justice
: Le mandat de dépôt, c'est en fait un document officiel délivré par la justice notamment le juge d'instruction qui décide au nom du peuple du Burkina (parce que le juge d'instruction c'est une juridiction), de placer quelqu'un sous main de justice. Étymologiquement, on dépose l'intéressé dans une maison qui est habilitée à recevoir les personnes suspectées dans le cadre d'une affaire de justice. Donc placer quelqu'un sous mandat de dépôt, c'est l'envoyer en prison. Ils sont deux fonctionnaires de police à être placés sous mandat de dépôt depuis le vendredi 11 mars.

Quels sont les chefs d'inculpation qui sont retenus contre ces deux policiers?
Le ministre de la justice: Pour le moment, le juge d'instruction les a inculpés pour coups mortels sur la personne de Justin Zongo. C'est cette infraction qui est retenue pour le moment.

C'est-à-dire qu'au jour d'aujourd'hui, on peut dire que Justin Zongo n'est pas mort de méningite?
Le ministre de la justice: Le juge d'instruction a priori n'écarte rien. Maintenant, dire qu'il est mort de ceci, il n'est pas mort de ça, moi je n'ai pas en charge l'instruction. La prudence commande ici qu'on laisse vraiment le juge avancer dans son travail et à un moment donné, il pourra établir la véracité des faits. Même scientifiquement, l'instruction pourra se faire parce qu'à tout moment, le juge pourra faire appel à un expert pour l'aider à comprendre certaines choses ou bien à conforter une idée.

Et par rapport aux autres morts suite aux manifestations, est-ce que le même juge d'instruction s'occupe de ces cas également?
Le ministre de la justice: Compte tenu du contexte social et des décès suite à ces évènements, on a mis quatre juges d'instruction sur tous ces dossiers. Il y a un juge d'instruction sur le dossier Justin Zongo, un autre juge d'instruction s'occupe des autres cas de décès de Koudougou notamment Ouédraogo Assad Boubacar, de l'étudiant et du garagiste. Il y a un juge d'instruction qui a été désigné pour Poa et pour Kindi aussi, un autre juge d'instruction. Le souci qui nous guide, c'est de faire travailler ces juges là avec célérité, en toute indépendance et en toute impartialité. Ce qu'on souhaite, c'est que ces dossiers là puissent aboutir rapidement.

Peut-on avoir une idée du temps que prendra l'instruction et probablement le jugement parce que l'opinion attend surtout le jugement?
Le ministre de la justice
: Tout le monde sait au moins où se trouve la procédure et les actes préliminaires que le juge a eu à poser. Maintenant, s'agissant d'un dossier qui est en instruction, vous savez qu'il y a plusieurs actes qui doivent êtres faits par le juge d'instruction et par prudence, il vaut mieux ne pas donner un délai pour le jugement. Si on sort un dossier de cette nature ce 26 mars par exemple, vous-même allez dire que c'a été bâclé. Donc il faut travailler avec professionnalisme. Et ici, les instructions qui ont été données au juge, c'est la célérité d'abord mais c'est aussi de travailler en bon professionnel. Donc on peut envisager peut-être une date dans un proche avenir.

Dans un proche avenir, c'est un mois ou deux mois?
Le ministre de la justice
: C'est toujours bien de se donner quand même deux ou trois mois. C'est raisonnable et je pense qu'avec les moyens mis à la disposition de la justice et s'il n'y a pas d'entraves particulières, le travail peut aller rapidement. Donc par prudence, on ne peut donner qu'une date indicative surtout que c'est le juge d'instruction qui est le maître du dossier.

Questions à Monsieur le ministre de l'Administration territoriale

Quel dispositif particulier, le gouvernement a-t-il mis en place pour gérer la crise?
Le Premier ministre a mis en place une cellule de crise qui réunit les ministres concernés et cette cellule se réunit quasi quotidiennement pour évaluer la situation et prendre les mesures qui s'imposent.

Peut-on connaitre les ministères qui composent la cellule??
Les ministres directement concernés sont le MATD, la Sécurité, la Défense, la Justice, la Santé, l'Economie et Finances, le ministre délégué au budget, la Communication, les Enseignements. On se réunit autour du Premier ministre pour faire l'évaluation de la situation et faire également le point des décisions qui ont été prises lors des précédentes réunions. Et puis le Premier ministre rend compte au chef de l'Etat aussi.

C'est sûrement ce comité là qui a eu à prendre certaines mesures comme la fermeture des universités, la suspension des œuvres sociales universitaires. Est-ce que c'est une bonne réponse pour gérer la crise?
Le souci du gouvernement c'est d'éviter des blessés et des morts supplémentaires. Or quand vous voyez comment se déroulent les manifestations, des enfants sont utilisés, mis en avant et ensuite les casseurs en profitent pour détruire des biens. Dans des cas comme Ouahigouya et Dori, des armes ont été dérobées et il faut craindre que des personnes mal intentionnées utilisent ces armes contre les jeunes et le mettent sous le compte du gouvernement ou que lors des opérations de maintien de l'ordre, il y ait des problèmes supplémentaires. Alors il fallait qu'on crée des conditions de retour à la quiétude pour permettre à l'enquête de progresser et bien entendu, à l'année scolaire et universitaire de bien se terminer.

Est-ce que c'est vraiment rechercher la sérénité que de fermer les restaurants et les cités universitaires? Vous ne craignez pas que cela envenime la situation?
Nous espérons que cela ne va pas prendre beaucoup de temps. Nous n'avons pas fermé ces infrastructures pour rester là à ne rien faire. Au niveau des régions, les gouverneurs ont entrepris un travail avec les parents d'élèves, les associations mêmes des élèves et nous-mêmes le Premier ministre nous a donné des instructions pour rencontrer les associations d'étudiants y compris l'ANEB pour les écouter et voir quelles mesures on peut prendre pour un retour de la sérénité. C'est vrai que c'est une situation difficile pour tout le monde mais c'était nécessaire pour que la tension retombe.

S'agissant de la fermeture des restaurants et des cités universitaires, là ce sont des questions sociales. C'est à la limite une punition infligée aux étudiants? Disons que la fermeture de l'université entraîne la suspension des œuvres sociales. Le gouvernement reconnaît que c'est une mesure difficile et nous travaillons à ce que cette mesure soit levée le plus tôt possible.

Est-ce que vous avez un chronogramme précis pour le dialogue ?
Le ministre des enseignements et moi-même, avons convenu de rencontrer les étudiants ce jeudi (l'interview a eu lieu lundi 21 mars) mais ils ne sont pas encore au courant. Vous voyez, un gouvernement ne peut pas être méchant vis-à-vis de son peuple. Les ministres des enseignements travaillent actuellement à proposer un chronogramme qui va être adopté. Le calendrier des examens pourra peut-être connaître un réajustement. Pour ce qui est du dialogue, il y a beaucoup de travail qui est fait. Il y a beaucoup de personnes ressources qui sont impliquées et qui rencontrent les élèves, les parents d'élèves, les enseignants, pour le retour de la sérénité et la reprise des classes.

On sait qu'au primaire et au secondaire, les élèves reprennent le 26 mars mais pour ce qui est de l'université, il n'y a pas encore de date en vue?
Le même travail de concertation est fait avec les présidents d'universités et nous allons proposer un calendrier de réaménagement, parce qu'il faut rattraper le temps perdu et l'université a des structures internes qu'il faut consulter pour ça.

Parmi les mesures prises par le gouvernement, il y a le limogeage du gouverneur du Centre-ouest ainsi que du directeur régional de la police. Est-ce qu'on peut savoir ce que vous leur reprochez?
Je crois que pour ce qui concerne les représentants de l'Etat, lorsqu'ils se retrouvent dans une situation où leur action ou leur présence cause des troubles à l'ordre public, l'Etat a la responsabilité de les relever, sans présager même de la véracité des faits qui sont avancés.

On sait que les autorités relevées avaient tenu une conférence de presse au cours de laquelle, elles ont affirmé que l'élève Justin Zongo est mort de méningite. Est-ce que c'est plutôt parce que ces autorités n'ont pas été très prudentes en avançant certains propos qu'elles ont été relevées.
Vous avez donné la réponse. Je crois qu'ils n'ont pas eu le recul nécessaire ou bien en tout cas cette communication qui n'a pas été bien comprise a certainement jeté de l'huile sur le feu.

Par rapport aux casses et aux incendies qu'il y a eu dans les provinces, il était quand même de votre devoir de protéger les infrastructures sans pour autant tirer sur les manifestants. On a constaté que vous avez préféré laisser incendier.
C'est ce que nous avons fait un peu partout mais vous avez vu qu'à un certain moment, nous avons dû utiliser les forces de quatrième catégorie. La loi permet de les utiliser dans le maintien de l'ordre à condition de signer une réquisition. Les gouverneurs ont pris des réquisitions qui interdisent l'usage des armes à feu et on les a placés à côté des édifices publics. Donc si vous avez remarqué, après les casses de Ouahigouya, ce dispositif a quand même fonctionné.

Pour ce qui concerne la marche de Ouaga, l'ANEB avait quand même un dispositif sécuritaire assez efficace et cela a été relevé dans beaucoup de médias. Est-ce que pour des manifestations qui sont si organisées, il y a lieu de les bloquer?
En fait pour l'ANEB, il y a eu plusieurs rencontres et les dirigeants de l'ANEB ont fait preuve de bonne foi. Ils ont écrit pour indiquer leur itinéraire mais nous avons proposé que le message soit remis au rond-point de la femme pour la paix. Et les autorités étaient là pour recevoir le message.

Et maintenant qu'est-ce qui s'est passé pour que ça dégénère?
Le ministre de la sécurité: A la place de la femme, il était prévu un dispositif qui leur permettait de remettre leur message au secrétaire général du ministère de la sécurité. Le dispositif de la gendarmerie permettait que le message soit remis en sécurité et également que le SG puisse se retirer en sécurité. Nous avons également prévu un dispositif qui évitait que les étudiants puissent emprunter l'itinéraire interdit. Pour nous, une fois le message remis, les étudiants devraient prendre l'avenue qui va vers les 1200 logements. Cela leur avait été signifié lors de notre dernière rencontre et les étudiants nous avaient fait comprendre que eux ils maintenaient leur itinéraire (ndlr: passant par l'Avenue Houari Boumediene). Quand le cortège de l'ANEB est arrivé au rond-point de la femme, un officier de la gendarmerie est allé les rencontrer et leur a demandé s'ils avaient un message à transmettre. Ils ont tergiversé pendant quelques minutes avant de dire qu'ils n'ont pas de message. C'est au même moment qu'on a constaté que le dispositif sécuritaire de l'ANEB commençait à être débordé parce qu'il y avait dans les rangs des gens qui commençaient à être violents. L'officier de gendarmerie a demandé à l'autorité de se retirer et une fois que le SG s'est retiré, ils ont commencé à lapider et à forcer les barrières qui étaient là. Les forces de l'ordre étaient obligées de les disperser.

Il y a un problème récurrent, M. le ministre, c'est l'usage des armes à feu dans les opérations de maintien de l'ordre. Est-ce que c'est normal qu'un homme de tenue puisse avoir une arme chargée et dont il peut se servir à tout moment comme ils l'ont fait à Koudougou?
Oui, c'est normal. C'est normal que les policiers, les forces de sécurité puissent avoir de l'armement avec des munitions. Dans le cadre du maintien de l'ordre, lorsque les forces de sécurité interviennent, elles ont le matériel approprié pour cela. Mais en plus, ils ont des armes sur eux qui leur permettent d'assurer d'autres sécurités face au grand banditisme, au vol, etc. C'est pour cela que lorsque les manifestations ont eu lieu aux environs des commissariats, les policiers étaient tout naturellement armés parce que le matin ils ont quitté chez eux avec de l'armement parce qu'on ne sait pas où on peut rencontrer l'insécurité. Le policier peut rencontrer par exemple un voleur qui est entrain de braquer un citoyen. Je pense que c'est dans ces circonstances là que les policiers se sont retrouvés dans leur lieu de travail avec de l'armement dont ils sont dotés.

Lorsqu'on regarde comment les manifestations se sont propagées de régions en régions, peut-on vraiment parler de manipulation?
MATD: Disons que dans cette crise, il y a une conjonction de facteurs malheureux. Il y a des enfants qui sont mort dans ces manifestations (Kindi, Poa) et ça heurte la sensibilité générale. Il y a aussi que nous avons des moyens de communication modernes si bien que l'information est vite propagée. C'est ce qui explique que l'information est vite montée. Mais aussi il y a eu des gens pour pousser les manifestants et ça aussi, ce n'est pas les insulter que de le dire. Je crois même que certains revendiquent cela comme étant leur rôle. Qu'est-ce que nous avons eu comme attitude au niveau du gouvernement? Le Premier ministre instruit en cela par le Chef de l'Etat a souhaité que les Burkinabè qui l'ont élu à plus de 80% voient leur confiance au système et au régime confortée. On ne peut le faire qu'en disant la vérité, en faisant la lumière. C'est la raison pour laquelle nous avons posé successivement des actes allant dans ce sens. Si vous voyez dans les différents communiqués, nous n'avons pas voulu sortir un bouc émissaire. Il faut trouver la vérité et régler les problèmes que ça pose. Nous allons donc continuer à dire la vérité en assurant aux populations que la justice fait son travail pour faire toute la lumière sur cette affaire.

Même si le gouvernement ne cherche pas de bouc émissaire, il y a que des structures qui apparaissent comme ses porte-voix trouvent des boucs émissaires dans cette situation ?
Je vais préciser deux choses. Nous sommes dans un Etat de droit et c'est dans la règle normale des choses que certaines situations soient exploitées par certaines personnes. Tout ça c'est normal tant que ça se fait sans infraction à la loi comme les casses. C'est la raison pour laquelle, prenant conscience que tous les acteurs, y compris le CDP, y compris les partis politiques qui soutiennent le président, tous les acteurs qui ont fait des déclarations, il y a un facteur commun qui est la vérité. Nous pensons qu'en allant sur cette direction, ceux qui voudraient manipuler, finalement vont se rendre compte qu'il faudra engager des combats sur d'autres terrains que celui là?

ITW réalisée par Germain Nama, Idrissa Barry, et Boukari Ouoba



01/04/2011
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